vendredi 17 septembre 2010

17 septembre 1982 : le massacre continue à Sabra et Chatilla

Comme aujourd'hui, c'était un vendredi. Les forces phalangistes poursuivaient sous la protection israélienne, le massacre commencé la veille qui ne devait se terminer que le lendemain.

Chroniques d'un massacre annoncé

Après deux mois de négociations tendues, un accord est finalement conclu entre l’OLP, le Liban et Israël sous garantie américaine. L’OLP s’engage à quitter le Liban en échange de garantie que la sécurité des civils qui s’y trouvent, en particulier les réfugiés des camps, sera assurée. Israël s’engage à ne pas pénétrer dans Beyrouth ouest et protéger les camps, et Arafat reçoit la promesse écrite des Américains que les marines ainsi qu’une force multinationale (800 Français, 500 Italiens et 800 Américains) seront les garants ultimes de l’engagement israélien. Le premier contingent - français - arrive le 21 août et doit assurer l’évacuation et la collecte des armes. Cette force doit rester une trentaine de jours, empêcher tout dérapage et protéger les familles palestiniennes. Le premier septembre, le retrait d’Arafat et de l’OLP est achevé. Mais personne ne respectera sa parole. À commencer par le gouvernement américain. M. Caspar Weinberger, secrétaire à la défense, donnera l’ordre à ses marines de quitter le Liban alors même que les milices chrétiennes prennent position, le 3 septembre, dans le quartier Bir Hassan, en bordure des camps de Sabra et Chatila. Le départ des Américains entraîne automatiquement celui des Français et des Italiens. Le 10 septembre, le dernier soldat est parti de Beyrouth, alors que la force internationale devait rester jusqu’au 21 ou 26 septembre.

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Le 14 septembre, Bachir Gemayel, le nouveau président libanais élu par l’assemblée Nationale et soutenu par les Israéliens, est assassiné. M. Ariel Sharon prend ce prétexte pour envahir Beyrouth-Ouest, pour cerner les camps de Sabra et Chatila et encourager les milices libanaises à les nettoyer. Les premières exactions commencent le jeudi soir du 16 septembre. Selon un article dans Le Monde diplomatique (septembre 2002, p. 21), […] les militaires israéliens positionnés à proximité des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila assistent passivement tout au long du vendredi aux massacres commis par des Phalangistes chrétiens qu’ils ont laissés pénétrer dans les camps sur des civils palestiniens. Mais, dans l’après-midi, le commandant en chef de Tsahal, le général Rafael Eitan rencontre les officiers Phalangistes qui l’informent que l’opération dans les camps est achevée et qu’ils quitteront les lieux le lendemain à cinq heures du matin.



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