samedi 3 juillet 2021

Professeur Djamel Eddine Chitour nous a quittés


«Quand un savant meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.»(Proverbe africain)
«C'est le devoir de chaque homme de rendre au monde au moins autant qu'il en a reçu.»
(Albert Einstein)

Par Pr Chems Eddine Chitour
École polytechnique, Alger

«Quand un savant meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.»
(Proverbe africain)
«C'est le devoir de chaque homme de rendre au monde au moins autant qu'il en a reçu.»
(Albert Einstein)

Né le 17 Septembre 1946 et décédé le 1er juin 2021

Sa bibliographie est accessible ici:

1er juin 2021, le ciel nous tombe sur la tête ! Notre frère Djamel Eddine nous quitte. Rappelé à Dieu, il rejoint son Créateur apaisé, sans avoir trop souffert, laissant sa famille, ses proches et ses amis atterrés par cette nouvelle qui fut un coup d’éclair dans un ciel serein.

Qui est Djamel Eddine Chitour
C’est avant tout un fils de l’Algérie profonde qui eut un parcours qui, sans être exceptionnel, mérite d’être rapporté. La bonne ville de Bordj-Bou-Arréridj a vu la naissance de Djamel Eddine ; il eut, dès le départ, une scolarité laborieuse du fait des conditions difficiles de la famille. Sa scolarité fut orientée vers l’école indigène. Il fut reçu aussi au certificat de fin d’études et eut à passer un examen pour accéder en sixième et entrer au collège de Bordj-Bou-Arréridj. Il se retrouva dans la section latine, où il eut comme enseignant du latin un curé. Il eut à nous rejoindre au lycée pour continuer des études en section B : latin et grec.
Cependant, prenant exemple sur moi, son aîné, il se lança dans l’aventure du baccalauréat B (latin) en n’étant qu’en seconde !
Il réussit et eut les félicitations de Ferhat Abbas (1964). Il se retrouva en terminale philosophie au lycée Émir-Abdelkader d’Alger (anciennement du nom de Bugeaud, le bourreau des Algériens).

La formation et la recherche de qualité
Après son bac philo, et prenant exemple sur un autre frère qui faisait médecine, il fit ses études de médecine et sortit 2e du Certificat préparatoire aux études médicales (CPEM), lui le bachelier en philosophie, ce qui permet d’affirmer que les études médicales n’étaient pas interdites aux disciplines des sciences humaines. Comme cela sera le cas injustement par la suite. Il soutint sa thèse de docentat en 1983.(1)
Dans le cadre de cet hommage, il est impossible de décrire 40 ans de sacerdoce au service du pays. Il fit une carrière en gravissant tous les grades, jusqu’à celui de professeur dans une carrière fondamentale, la neurophysiologie. Sa rigueur scientifique dans l’enseignement et surtout sur la douleur explique les différentes étapes de la recherche médicale dans le domaine de la neurophysiologie en partant de l’époque du Professeur Abdelmoumène, dont il était l’élève, avec son collègue le Professeur Chaouch.(2)
Il a mis quinze années pour placer un laboratoire sur les études de la douleur. Pour l’aspect traitement du signal, il eut à collaborer avec le Professeur Sadoun de l’École Polytechnique. Imaginez l’ambition de créer un laboratoire de physiologie avec les meilleurs techniques et surtout les meilleurs équipements d’études de la douleur où il fallait négocier des crédits, faire des appels d’offres, participer au choix des équipements et finalement, souvent, ne pas aboutir à sa concrétisation.
Une histoire parmi tant d’autres, le parcours du combattant de Djamel pour pouvoir convaincre la Direction de la recherche du ministère de l’Enseignement supérieur. Son plus grand problème était d’arriver à stabiliser le signal très faible du fait des interférences et des bruits de fond. Et comme le dit si bien le Professeur Djamel Eddine Chitour, il aurait fallu disposer d’une cage de Faraday qu’il n’a pas pu acquérir. Une autre histoire nous explique en creux le sacerdoce de Djamel qui, pour le besoin des expérimentations, avait besoin de souris blanches qu’il devait importer. A l’époque, c’était un véritable parcours du combattant car les souris blanches étaient retenues au niveau des services des douanes pour des raisons diverses.
Le Professeur Djamel allait lui-même chaque jour les nourrir, au grand étonnement des douaniers qui ne comprenaient pas cette affection en direction des souris. Pendant plus de quinze jours, il venait chaque matin les ravitailler. Un autre incident, celui-ci plus grave, fut l’incendie criminel de son laboratoire dans l’annexe de la Faculté de médecine (TCBM) de Dergana. Il ne perdait pas espoir, et il reconstitua son laboratoire à l’identique à la Faculté de médecine d’Alger.(3)
Des centaines d’étudiants d’Alger, de Tizi Ouzou et de Tunis, dans le cadre de professeur associé, qui ont suivi des enseignements sur le système nerveux central (enseignement assez complexe), témoigneront certainement de la probité intellectuelle et de son savoir encyclopédique.
Une autre anecdote à Tunis, où il était accompagné partout où il allait de deux jeunes assistants qui étaient là pour recueillir la parole du maître. La deuxième année de son enseignement, il lui a été demandé de corriger le polycop de son cours enregistré et qu’il avait dispensé l’année d’avant.
On l’aura compris, il n’y eut pas d’invitation pour la troisième année. Le plein de savoir a été transféré. En tant que chef de service à l’hôpital Aït-Idir, il a laissé l’image de quelqu’un qui faisait confiance à ses collaborateurs et avait un rapport distant avec la gestion administrative qu’il faisait volontiers sous-traiter Enfin, nous devons citer son passage en tant que professeur associé directeur de recherche à l’INSERM (Institut national sur la recherche médicale) à Paris. Il fit une vingtaine de publications scientifiques sur la douleur que l’on peut trouver référenciées avec un grand impact factor.

Réflexion sur le sort des élites scientifiques
Époque bénie que l’enseignement de l’époque, où nous devions prouver au quotidien que nous pouvions suivre les études par le travail en dehors de toute interférence démagogique qui a fait tant de mal à l’université algérienne. Sans verser dans une nostalgie qui, d’une certaine façon, a tendance à embellir le passé, il faut bien convenir qu’il y a un délitement des vraies valeurs, celles de la compétence, de l’humilité du travail bien fait, de la sueur ; en un mot, du mérite.
Décrire le parcours initiatique, voire le sacerdoce du professeur Djamel Eddine Chitour dans l’enseignement supérieur à la fois en tant que médecin, enseignant et chercheur serait une gageure. Nous ne pouvons qu’exprimer objectivement notre propre chagrin devant cette perte cruelle et notre profond dépit pour l’indifférence de la société à la suite du décès de cette éminence grise qui a marqué par son enseignement des centaines d’Algériens qui ont été ses élèves, qui l’ont connu et dont ils ont apprécié la rigueur, au point que chacun se sent d’une certaine façon héritier.(4)
Dans quel monde vivons-nous, un monde où on laisse mourir dans l’indifférence totale des piliers aussi respectables que ceux qui sont morts les armes à la main ? Le djihad contre l’ignorance est un djihad toujours recommencé, c’est, d’une certaine façon, le «grand djihad» sans médaille, sans m’as-tu-vu, sans attestation communale, sans bousculade pour des postes honorifiques qui ne sont pas le fruit d’une quelconque compétence, mais, assurément, d’allégeance suspecte. Jusqu’à quand resterons-nous en apesanteur devant la non-mise en place des fondamentaux d’une société du savoir, d’une société éclairée, d’une société de tolérance, fascinée par l’avenir, profondément ancrée dans ses repères culturels et cultuels sans pour autant en faire un fonds de commerce, mais prouvant, au quotidien, par le savoir, l’effort (el idjtihad) qu’ils appartiennent aussi à une grande spiritualité qui a apporté, en son temps, sa part de rayonnement scientifique à l’humanité ? Jusqu’à quand resterons-nous indifférents à l’apport discret, sans bruit, de ces sommités ? Pourquoi ne rendons-nous pas justice à ces géants en les honorant ? Un professeur qui a enseigné toute sa vie s’en va comme il était venu, sans la reconnaissance de la nation. Un proverbe africain nous enseigne que «quand un savant meurt, c’est une bibliothèque qui brûle».
J’en appelle à un sursaut et à un réveil de la conscience nationale pour que plus jamais les éminences nombreuses, qui ont chacune marqué leur époque, restent pour nous des phares dans cette nuit de l’intellect dont nous devons absolument nous réveiller.
Nous devrons graduellement aller vers de nouvelles légitimités pour récompenser ceux qui, véritablement, ont servi le pays en toute discrétion. Au moment où des élections législatives sont organisées, nous devrions espérer que les futurs élus, ce terme a une connotation biblique, apportent leur valeur ajoutée à l’édification de l’Algérie Nouvelle, qui a besoin des compétences, seules ceintures immunitaires dans un monde qui ne fait pas de place aux faibles. Nietzsche a écrit que «périssent les faibles et les ratés».
Nous ne devons être ni des ratés ni des faibles. Cela ne se fera pas par des oracles ou par la méthode Coué. Cela se fera par la détermination d’aller de l’avant, de mettre en lumière les savoirs, de ne pas avoir peur de combattre l’ignorance, source première de l’irrationalité. On demanda un jour au Président Abraham Lincoln pourquoi l’éducation coûte cher. Il répondit : «Si vous pensez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance.»
Notre pays s’honorerait à entrer de plain- pied dans le XXIe siècle, en appelant les dignes fils de l’Algérie, quel que soit leur lieu, à contribuer à une nouvelle vision du futur qui fait émerger graduellement de nouvelles légitimités, de rendre un hommage appuyé à toutes ces vraies lumières, ces «sans-grade» dans l’échelle actuelle des valeurs, mais qui ont tant fait pour le pays.
La réhabilitation de l’école, de l’université et des «gardiens du Temple» serait, à n’en point douter, un signe fort d’une nouvelle vision de société qui serait basée sur les critères d’éthique, de compétence et de loyauté, seules ceintures de sécurité qui donneront une visibilité à notre pays dans le concert des nations quand la rente ne sera plus là.

Conclusion
Que dire en définitive devant l’inanité des choses ? Koulou nafsoune dhaiqatou el moute. Quand nous comprenons cela, le fait d’être en vie devient alors une joie en soi.
La plus belle chose que nous puissions éprouver, c'est le côté mystérieux de la vie. Einstein avait raison d’écrire, «il n'y a que deux façons de vivre sa vie : l'une en faisant comme si rien n'était un miracle, l'autre en faisant comme si tout était un miracle». Voilà une compétence de plus qui s’en va d’une façon anonyme. Pour l’amour de son pays, le Professeur Djamel Eddine a, comme son frère Zouheir, lui-même professeur de cardiologie, disparu récemment, fait son devoir, celui du grand djihad pour une Algérie du savoir, de la rigueur. Que Dieu leur fasse miséricorde !
Ces vers de Victor Hugo, tirés des Misérables, me paraissent tout indiqués pour décrire la traversée de la vie du Professeur Djamel Eddine Chitour et de tant d’autres «illustres» dans l’échelle universelle des valeurs, mais encore anonymes dans ce pays à qui ils ont tout donné : «Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange, il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange ; la chose simplement d'elle-même arriva, comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va.»
C. E. C.

1. La vidéo suivante (soutenance de thèse en 1983) atteste de la rigueur scientifique et de la maîtrise d’un domaine aussi complexe que le système nerveux central avec comme sujet les mécanismes de la douleur : https://youtu.be/orKnXUf791c

3. Vidéo montrant le professeur Djamel Eddine dans son laboratoire
4. Chems Eddine Chitour. Extrait de l’hommage au Professeur Aoudjhane.

Professeur Djamel Chitour dans son labo
«Nous avons le pied collé sur l’accélérateur et nous fonçons vers l’abîme», dixit Ban Ki-moun… Excellent billet sur le traitement criminel de la nature par la civilisation capitaliste et par l'Homme sur notre mère généreuse, qui me fait penser à la posture du Pr James Hansen, climatologue de la Nasa et l’un des plus grands spécialistes du changement climatique dans le monde, son livre, publié en 2009, s’intitule Storms of my grand children. The truth about the coming climate catastrophe and our last chance to save humanity. (Les tempêtes de mes petits-enfants. La vérité sur la catastrophe climatique qui s’approche et notre dernière chance pour sauver l’humanité)…
Le Pr Chitour est-il un prophète ?... Non, quelqu’un qui prétend prévoir l’avenir, comme l’oracle grec, mais dans le sens de FIN POLITICIEN PROSPECTIVISTE : celui qui attire l’attention du monde et du peuple, sur les menaces présentes et futures…. Les prévisions de notre professeur sont conditionnelles : (voici ce qui arrivera, à moins que… sauf si… Aucune fatalité : l’avenir reste ouvert), comme il l’affirme dans cet excellent papier… Chaque seconde est la porte étroite par laquelle peut venir le salut….





jeudi 24 juin 2021

1 minute de silence à nos morts

 On vient de passer plus d'1 an avec une pandémie redoutable qui a provoqué la mort de plus de 110000 habitants de France qui a rendu malade plusieurs centaines de milliers d'habitants de France dont plusieurs milliers avec des séquelles irréversibles, beaucoup se sont appauvris, d'autres se sont enrichis et encore ont escroqué l'Etat donc le peuple et bizarrement, on aurait pu imaginé un changement d'attitude des gens et au moins des politiques, bien non, rien de changé, toujours la même soif de pouvoir, toujours les mêmes haines et  les mêmes mensonges. 

Les gens ne veulent plus voter, ils n'en sont même pas conscients et plus gravement personne ne pense un instant à ce que sont devenus ces dizaines de milliers d'électeurs qui ne rataient pas une élection et qui sont peut être morts.

Alors, dans cette agitation tumultueuse, mes pensées iront à tous électeurs, soldats de la démocratie, oubliés de tous et morts en héros pour que vive la démocratie avec tous ces défauts ou malgré ses défauts.

J'observerai, dans mon coin, seul, une minute de silence.

mercredi 23 juin 2021

Après des abstentions records, nous nous devons de relever le défi du vote.

 


Ce dimanche 20 juin 2021 n'est pas à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire de la démocratie française. Nous n'avons pas de quoi être fier des scores lors de ces élections régionales et départementales du 1er tour qui furent calamiteux pour tout le monde. Pourtant, les partis politiques de droite comme de gauche y sont allés forts en terme de tractage, d'affichage, de rassemblements, émissions radios, télés. Chacun y est allé avec ses menaces, peurs et vantardises oubliant au passage, les promesses non tenues et celles annoncées et qui ne seront jamais tenues. Cette campagne soûlante avec ses cascades de solutions sans moyens, ses chiffres bidonnés et ses mensonges usés par le temps n'a pas créé de séisme au sein de la population qui est devenue blasée et qui s'en remet à peine de 3 confinements qui avec la covid19 ont laissé des traces dans les esprits.

Je suis tout de même étonné qu'aucun leader politique ait pensé à observer une minute de silence aux plus de 110 000 victimes de la covid 19 dont il reste à définir les responsabilité de l'hécatombe qui a suivi l'arrivée de la pandémie en France.

Après le 1er tour du 20 juin qui a vu les forces LR se positionner en ballotage favorable dans de nombreuses régions, c'est par une alliance qui s'impose que la gauche et les écologistes doivent espérer prendre des régions. Le RN peut dans des conditions plus que difficiles espérer une petite victoire face à LR dans une seule région dans le Sud Est. 
ça ne va pas être facile à la gauche et aux écologistes d'EELV de surmonter leurs différences même si l'exercice a déjà eu lieu lors des dernières élections dans les métropoles. Gauche et écolos savent qu'ils doivent passer par des accords pour espérer une victoire. Le grand perdant de ces élection, c'est LREM qui s'inflige une belle claque virtuelle avec des résultats calamiteux.

Si les écologistes et la gauche souhaite obtenir des victoires, il leur faut vite travailler ensemble sur les derniers jours de la campagne qui est partie en mode accéléré.

J'habite en AURA (Auvergne Rhône-Alpes) et je ne cache à personne que mon choix se porte sur la liste écolo-gauche. j'aurai préféré que EELV se présente seule mais c'était se condamner à une défaite cuisante. LREM n'est pas invité au 2nd tour en raison d'un score médiocre. Ce second tour va se jouer dans une triangulaire LR, RN et EELV-Gauche. Je souhaite juste espérer que le taux de participation augmente sensiblement. Lors du 1er tour, aucun parti n'était légitime à crier victoire, Pour le 2nd tour, je reste perplexe. 






dimanche 20 juin 2021

Dialogues en Humanité , Lyon 2, 3, 4, juillet 2021




Retrouvons-nous les 2, 3, 4 juillet au Parc de la Tête d'or à Lyon pour une nouvelle édition des Dialogues en humanité placée sous le thème « La voix aux jeunes ».

Il est d’autant plus essentiel d’écouter la jeunesse qu’elle est durement frappée par les conséquences de la pandémie. Elle est aussi rarement associée aux discussions et aux décisions alors qu’il lui revient de construire le monde de demain. D’où la nécessité d’ouvrir des espaces de parole.
Quelques grands thèmes :
Le breakdance comme levier pour favoriser une alimentation plus saine pour tous
Comment sortir de la violence et des logiques d’affrontement ?
Donner du sens à sa vie: quel sens ?
Comment rencontrer l’autre, y compris suite à la pandémie ?

Également au programme, un spectacle de théâtre-danse, fruit de la collaboration entre la compagnie Second Souffle et l’école Louis Pergaud de Vénissieux. Un travail de mémoire avec ses élèves de 11-12 ans sur l’histoire de Vénissieux, celle des migrations, de la colonisation et des luttes ouvrières depuis la Première Guerre Mondiale.

Plus d'informations à partir de ce lien: https://dialoguesenhumanite.org/



Des personnes de toutes origines, cultures, convictions et parcours de vie seront au rendez-vous lors des Dialogues en humanité (au Parc de la Tête d’Or les 2, 3 et 4 juillet 2021). Les Dialogues invite chacun.e d’entre nous à grandir en humanité en développant une citoyenneté de la terre, une société du bien vivre, dans laquelle il relève de la responsabilité collective d'être en harmonie avec la nature et où chacun.e privilégie l'entraide.

Les Dialogues en humanité s'articulent autour de quatre principes :
Simplicité,
Liberté de propos,
Écoute bienveillante et respect,
Égalité de tou.te.s devant la question humaine




dimanche 30 mai 2021

Amar Imache, héros de l'ombre


 « Bonsoir à vous Les Oubliées de notre Histoire AMAR IMACHE : Un des pères fondateur du nationalisme Algériens et de l’Etoile du Nord-Africain. Vers l'âge de 8 ou 9 ans, il entre à l'école primaire de Taguemount-Oukerrouche, village de ses grands-parents maternels, distant de 2 km environ d'Ait-Mesbah . Il émigre en France au milieu de la Première Guerre mondiale. Il y travailla dans diverses usines et entreprises : Manufacture française des pneumatiques Michelin de Clermont-Ferrand, du 30 avril au 17 novembre 1917, puis dans l'Établissement des Constructions et Armes Navales en Charente, du 6 décembre 1917 au 23 juillet 1918. En 1920, il descend dans les mines de charbon du Pas-de-Calais où il fut affecté comme mineur de fond, du 7 avril 1920 au 4 avril 1922. En 1924, il est à Paris où travaillent la majorité des ouvriers nord-africains. Ils créent un syndicat dénommé « Le Congrès des ouvriers nord-africains de la région parisienne » pour défendre les droits des Algériens, Marocains et Tunisiens. En mars 1926, ce syndicat deviendra un parti politique : l'Étoile nord-africaine qui prône la lutte pour le progrès social. Parmi les huit fondateurs : Imache, Belkacem Radjef, Si Djilani, Ahmed Yahiaoui, Rabah Moussaoui et ils élisent (Messali Hadj) à la présidence du Parti. Lors de l'assemblée générale du 28 mai 1933, Amar Imache est élu secrétaire général de l'ENA et rédacteur en chef du journal El Ouma, organe du parti, Radjef Belkacem trésorier et Si Djilani directeur du journal. Parallèlement à ses activités politiques, Amar Imache travaillait dans une usine de savons et parfums Roger & Gallet comme ouvrier spécialisé, de juin 1926 jusque vers la fin de l'année 1934. Il ne cesse de manifester dans sa démarche politique. Convaincu que ces institutions peuvent donner à l'Algérie indépendante. En novembre 1934, l'Étoile est de nouveau dissoute et ses principaux dirigeants arrêtés. Amar Imache est condamné le 5 novembre 1934 à 6 mois de prison et 2000 francs d'amende. Libéré en mai 1935, il reprend sa place au sein de l'Étoile. Il dénonce le projet Blum-Violette de 1936 selon lequel, pour libérer l'Algérie, il faut d'abord la rattacher à la France et pour être citoyen algérien, il faut d'abord être citoyen français assimilé. Il dénonce cette nouvelle entreprise de division, visant cette fois à séparer le peuple algérien de son élite. Au moment où Messali vit en exil à Genève auprès de Chekib Arslan (décembre 1935 - juin 1936), c'est Imache avec Yahiaoui, Nouira et Radjef qui dirigent l'Étoile. Au retour de Messali, une première divergence va opposer les deux hommes au cours de l'été 1936. Le conflit latent Imache-Messali qui éclate au sein du comité directeur, Il créer le 11 mars 1937, un nouveau parti : le Parti du peuple algérien (PPA). Son programme qui stipule que le PPA travaillera pour l'émancipation totale de l'Algérie sans pour cela se séparer de la France et que l'Algérie émancipée sera l'amie et l'alliée de la France, consomme la rupture entre Imache et Messali. Imache dénonce le nouveau programme en retrait par rapport à celui de l'Étoile qui revendique l'indépendance nationale. Au début des années 1940, Amar Imache est déporté en Allemagne comme prisonnier politique. En 1946, il rédige la brochure l'Heure de l'Elite dans laquelle il dénonce les évènements du 8 mai 1945 ainsi que l'attitude des intellectuels algériens (les "zélus") qui ont accepté de siéger au Palais-Bourbon. Les conditions de vie du peuple algérien (épidémie de typhus, manque de nourriture, de soins...) y sont relatées. Après quelques années de détention dans des camps de concentration, avant de rentrer définitivement en Algérie, En février 1947, Amar Imache rédige une lettre d'adieu à ses compatriotes et rentre définitivement en Algérie. Cette lettre intitulée : Lettre d'adieu aux Algériens résidant en France est un appel à l'union, à la fraternité. En 1948, Amar Imache s'est marié tardivement dans son village natal. Il rejoint durant la même année l'Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas jusqu'en 1951. À la même période, pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, il occupe le poste de magasinier dans la société d'import-export Le Comptoir nord-africain Amal à Alger. Son état de santé s'étant dégradé, son médecin traitant le déclare inapte au travail avec un taux de 100 % d'incapacité permanente partielle. Il rentre dans son village natal à la veille du déclenchement de la révolution armée, où il continue néanmoins à prodiguer ses conseils aux responsables de l'ALN qui le sollicitaient. Il s’éteint le 7 février 1960, pendant le blocus alimentaire imposé par l'armée française à la population du village pour la contraindre à se rallier, laissant cinq enfants en bas âge. Merci »


https://fr.wikipedia.org/wiki/Amar_Imache


https://www.express-dz.com/2020/02/22/entretien-avec-chabane-imache-mon-pere-amar-imache-etait-un-grand-visionnaire-qui-avait-une-vue-large-et-lointaine/