jeudi 10 décembre 2009

"D'une seule voix" , celle de la propagande israélienne

Je ne prendrai pas de gants pour parler du film que j'ai pu voir ce soir à Vaulx en Velin au cinéma les amphis: Tout simplement NUL et totalement orienté; Le réalisateur a voulu en faire comme il disait lui même un documentaire neutre et impartial. Ce fut tout le contraire. Ce film-documentaire réalisé par Xavier de Lauzanne m'a beaucoup déçu. Il avait pour objectif de montrer que d'autres voies hors des chemins battus de la politique existaient pour permettre d'arriver à la paix. On reste sur notre faim. Le peu d'échanges entre palestiniens et israéliens non filtrés qui nous sont proposés fait apparaître un grand pessimisme de la part des Palestiniens qui reprochent aux Israéliens de ne pas vouloir la paix ou de considérer que la paix est impossible.
Quant aux arguments des israéliens qu'on a bien voulu laisser transparaître ressortent les arguments sécuritaires avancés par les différentes autorités israéliennes et qui se résument à la phrase :' si vous voulez la paix, arrêtez les attentats'
Mais bien sûr le réalisateur se vante partout de ne pas pas vouloir faire de la politique, d'être impartial et neutre; Comme si on pouvait rester neutre devant les exactions de l'armée israélienne à l'encontre du peuple palestinien.
Cette pseudo neutralité hypocrite n'a pas empêché le réalisateur de son propre chef de rajouter en fin de film que les musiciens palestiniens de Gaza ont vu leurs instruments détruits par le Hamas et d'aborder le conflit israélo-libanais sous forme de chiffres sans indiquer qui est l'agresseur, sans préciser si les victimes sont militaires ou civils mais en visant une autre organisation de resistance libanaise, le Hezbollah. La neutralité du réalisateur consiste à ne faire aucune différence entre agresseurs et agressés. Le réalisateur est choqué que des instruments soient détruits par le HAMAS mais pas ému des milliers de Palestiniens tués, emprisonnés ou expropriés depuis le tournage du film.
Non seulement, le message que le réalisateur a voulu faire passer coince mais en plus, ce film est techniquement mauvais. Aucune émotion ne se dégage. Des scènes mis bout à bout. Pour un film qui est sensé parler de musique, on aurait pu espérer un meilleur contrôle des effets sonores et des plans.
La cerise sur le gâteau, le débat qui devait suivre le film a été rapidement écourté avec le départ précipité du réalisateur du film-documentaire et de l'organisateur de la tournée Jean-Yves Labat de Rossi. Une véritable insulte au public vaudais privé d'un échange qui aurait pu être courtois mais visiblement que certains spectateurs ne fassent pas de louanges hypocrites du film a semblé les agacer.
Le réalisateur n'a pas apprécié l'intervention de certains intervenants et les arguments avancés pour contredire ses détracteurs faisaient pitié et consistaient simplement à dire qu'ailleurs, le film avait été bien perçu et que les palestiniens avaient été ravi du film.
L'organisateur de la tournée , rouge de colère, répétait à qui voulait bien l'entendre qu'il y avait une autre que la politique pour permettre aux gens de faire la paix et que la musique était un moyen. Il a juste oublié de préciser que pour que son idée marche, il fallait que les artistes soient sur la même longueur d'onde et que le chef d'orchestre soit à la hauteur.
Ce film a bénéficié d'une grosse campagne médiatique notamment sur le NET
une fiche pédagogique a même été diffusé à l'attention des enseignants dont voici le lien ici



Le site qui parle du film en bien ici

Le site qui en parle en un peu moins bien : ici , et encor

Et pour le moment le seul blog qui le descend comme il se doit , c'est le mien.
Aujourd'hui, Jean-Yves Labat de Rossi n'a pas vendu beaucoup de ces cd. dommage, l'argent récolté était sensé être remis aux musiciens.

En toute sincérité, si la cause Palestinienne vous concerne, un film à ne pas voir pour éviter de vous mettre inutilement en colère.
Bien que ce film bénéficie sur le Net d'une grosse camapagne médiatique, il ne mérite pas des étoiles. Comme quoi, il faut toujours se méfier de certaines critiques.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Ce film joue sur la misère du peuple palestinien pour attirer le public. On n'est pas dans le business de la musique mais en plein dans le charity business.
Juste une histoire de gros sous.

François-Hugues a dit…

Bonjour,

Libre à chacun d'interpréter le film à sa façon, même si celle-ci semble totalement décalée par rapport aux réalités de la tournée et du film. Mais il y a une chose qui me heurte : c'est de penser que "D'une seule voix" soit un business, une "affaire de gros sous"...

La production du film a coûté 128 840 €. Nous n'avons rassemblé que 33 000 € de financements, ce qui est très faible. Malheureusement, le projet n'a pas convaincu les chaînes de TV malgré son caractère exceptionnel...

La distribution coûte déjà plus de 110 000 € et atteindra certainement les 130 000 € (dont plus de 50 000 € de frais de labo pour la version 35 mm et ses copies). Pour cela, nous n'avons obtenu à ce jour que 31 500 € de financements !! N'ayant que peu de moyens, nous faisons tout le travail de promo nous-mêmes, sans aucun soutien des grands médias (TV notamment) qui persistent à bouder le projet.

Depuis 4 ans, nous avons donc injecté près de 200 000 € de notre poche (grâce à la production de films institutionnels en particulier). Il faudrait plus de 80 000 entrées pour amortir l'opération. C'est mission impossible. Nous espérons atteindre les 35 000 entrées et ce n'est pas gagné (chiffre déjà exceptionnel pour un documentaire au cinéma).

Nous nous sommes lancés dans l'aventure car nous étions témoins de quelque chose d'exceptionnel, conscients que financièrement, ce serait très difficile. Au final, l'opération nous aura coûté beaucoup d'argent mais nous n'avons aucun regrets : d'abord car le témoignage de ces musiciens est saisissant de vérité, d'espoir et mérite largement d'être connu ; ensuite parce que le retour du public est très positif et prouve que l'initiative de JY Labat de Rossi n'est pas un coup d'épée dans l'eau.

Voir des peuples que tout oppose faire le choix du rapprochement, dépasser les susceptibilités, les tensions, les clashes pour peu à peu tisser des liens forts et durables, malgré un contexte très difficile. Faire ensuite connaître cette démarche pour en témoigner, ça n'a pas de prix.

Je vous serais vraiment reconnaissant désormais de poser les questions avant d'affirmer des choses erronées. Merci.

Bien cordialement,
FH de Vaumas,
Producteur du film "D'une seule voix".

Tahar, coeur de lyon a dit…

Les commentaires tant qu'ils ne sont pas injurieux ne sont pas censurés. Libre à chacun d'y apporter la réponse adéquate. Le lecteur est seul juge. A lui de se poser les bonnes questions et de réfléchir aux réponses données.

Tahar, coeur de lyon a dit…

Un lien interessant qui vient en complément de l'article.
le réalisateur a manipulé à maintes reprises la langue de bois. Faisant l'étonné quand des critiques sur le message étaient énnoncés, considérant que c'était bien la première fois qu'on lui faisait ce genre de remarques puis considérant ces c ritiques comme naïves et choquantes. Je dirai que c'est son film qui est choquant. Un film qui est dans la bonne tradition des films de propagande. En essayant de faire passer un message en faveur d'Israël. Faire croire que la paix est possible avec des gens qui sont aux ordres d'un régime raciste; C'est comme organisé un repas entre des militants du FLN et des agents de l'OAS.

Tahar, coeur de lyon a dit…

http://www.france-palestine.org/article14073.html