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lundi 17 juillet 2017

RadioHead sera bien présent à Tel Aviv le 19 juillet 2017

Malgré les nombreuses pressions qui n'ont pas cessé pour dissuader le groupe mythique Radiohead de se produire en Israël, le chanteur du groupe Thom Yorke a refusé de céder en  rejetant les critiques qui lui ont été adressés et considérant qu'il s'était senti blessé des reproches faits à son encontre. 


Radiohead n’a pas joué en Israël depuis 2000. Ce concert faisait partie d’une tournée méditerranéenne désormais légendaire au cours de laquelle Radiohead avait dévoilé des chansons de « Kid A », souvent considéré comme le chef-d’œuvre du groupe, qui s’échangeaient en ligne avant la sortie de l’album.


C'est clair qu'il s'est retrouvé pris en porte à faux entre ses déclarations par exemple en faveur du peuple tibétain et son refus d'essayer de comprendre où il m'était les pieds.
  
Plusieurs associations ont reproché le discours de Thom Yorke et son refus du dialogue

« Le choix de Thom est un choix simple : va-t-il soutenir l’opprimé ou l’oppresseur ? », a déclaré le cinéaste Ken Loach dans un communiqué diffusé par Artists for Palestine UK, le 5 juin.



 BDS avait lancé une pétition pour inciter Radiohead a changé d'avis.
https://www.bdsfrance.org/radiohead-ne-pretez-pas-votre-voix-ni-votre-art-a-loppression/


Le célèbre journaliste israélien du journal Haaretz soutient lui aussi l'action BDS

 https://www.bdsfrance.org/thom-yorke-voila-pourquoi-vous-devriez-boycotter-israel/



Les icônes anglaises du rock expérimental doivent se produire à Tel Aviv le 19 juillet, en clôture d’une tournée qui comprend les grands festivals de Coachella (Californie) et Glastonbury (Angleterre).

Radiohead a joué par le passé au profit des droits des Tibétains, Amnesty International et la lutte contre le changement climatique.

« Puisque Radiohead fait campagne pour la liberté des Tibétains, nous nous demandons pourquoi il refuserait de défendre un autre peuple sous occupation étrangère », peut-on lire dans cette lettre.

« En vous demandant de ne pas jouer en Israël, les Palestiniens vous ont demandé de faire un petit pas pour aider à faire pression sur Israël pour mettre fin à ses violation des droits humains et du droit international », poursuivent les auteurs.

« Assurément, si prendre position contre la politique de la division, de la discrimination et de la haine signifie quelque chose, cela veut dire s’y s’opposer partout — et cela doit inclure ce qui arrive chaque jour aux Palestiniens », ajoute la lettre.

Roger Waters, l’ancien de Pink Floyd et l’inspirateur de « The Wall », est depuis longtemps ouvertement critique envers Israël.

Les romanciers Alice Walker et Hari Kunzru, ainsi que le musicien Thurston Moore, des pionniers américains du rock alternatif Sonic Youth et Nick Seymour, de Crowded House, font partie des signataires.

Le militant anti-apartheid et Prix Nobel Desmond Tutu a également signé la lettre.

Desmond Tutu, Stevie Wonder, Carlos Santana et Lauryn Hill ont renoncé à jouer en Israël.

mercredi 12 juillet 2017

Le mouvement BDS fête ses 12 ans.



Le 9 Juillet 2017 marque la douzième année du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Cela fait 12 ans qu’une coalition aussi large que diversifiée à travers la société palestinienne a surmonté d’incroyables obstacles pour s’unir autour de trois droits fondamentaux palestiniens et sur un chemin de lutte non-violente, inclusive et antiraciste pour les atteindre. Malgré la fragmentation, l’occupation militaire, la ségrégation et la dépossession, nous nous sommes réunis pour affirmer le droit de notre peuple à la liberté, la justice, l’égalité et à la dignité.

L’appel au BDS de 2005 incarne un soutien massif palestinien pour exiger la fin de l’occupation militaire israélienne et le démantèlement de son mur illégal, la fin de son système institutionnalisé et légalisé de discrimination raciale, qui correspond à la définition d’apartheid selon l’ONU, et le droit des réfugiés à retourner sur leur terre, comme stipulé dans le droit international.

Inspirés par le mouvement anti apartheid sud africain et le mouvement des droits civiques américain, des groupes représentant tous les Palestiniens en appellent aux personnes de conscience à travers le monde à adopter ces moyens de pressions en soutien à la lutte pour nos droits. Le BDS demande le boycott et des initiatives de désinvestissement dans les milieux académique, culturel, économique et sportif et à faire pression sur les états afin qu’ils prennent des sanctions significatives contre Israël jusqu’à ce qu’il remplisse pleinement ses obligations devant le droit international.

Vous ne nous avez pas laissé tomber.

BDS fête ses 12 ans cette semaine et voici 12 nouvelles qui montrent l’impact grandissant de notre mouvement en 2017 :

1. Un rapport de l’ONU a établit qu’Israël impose un système d’apartheid sur la totalité du peuple palestinien et appelle à des mesures de BDS pour mettre fin à ce régime d’apartheid.

2. L’église Mennonite aux USA vient de voter à 98% pour un désinvestissement des entreprises qui tirent profit de l’occupation israélienne. Cela fait suite à l’adoption de pratiques similaires ces dernières années par plusieurs églises protestantes, dont l’Église Presbytérienne, l’Église Unie du Christ et l’Église Méthodiste Unie. La résolution des Mennonites encourage aussi les membres de l’église à boycotter les produits venant des colonies israéliennes illégales construites sur des terres volées aux Palestiniens.

3. Une victoire du droit au boycott : le parlement espagnol a affirmé que le droit de soutenir les droits des Palestiniens par le BDS est protégé par la liberté d’expression et d’association. Le gouvernement du Royaume Uni a perdu son procès contre Palestine Solidarity Campaignet ses alliés dans une décision affirmant l’interdiction pour le gouvernement de restreindre le droit des autorités locales à se désengager de sociétés complices des violations par Israël des droits humains des Palestiniens. Le parlement suisse a stoppé les tentatives du lobby israélien de criminaliser le soutien au BDS.

4. La plus grande fédération syndicale de Norvège, représentant près d’un million de travailleurs, a adopté un boycott complet d’Israël afin d’obtenir les droits des Palestiniens selon le droit international.

5. Le syndicat des médecins libanais ne travaille plus avec G4S, la plus grande entreprise de sécurité au monde, à la suite d’une campagne menée par des militants de boycott au Liban, préoccupés par la complicité de la société dans les violations israéliennes des droits humains palestiniens.

G4S a également essuyé ses premières pertes en Équateur, où un institut de recherche ne renouvela pas son contrat avec l’entreprise à la suite d’une campagne BDS. La direction d’une compagnie californienne de transports ne renouvela pas son contrat avec G4S après qu’une coalition pour les droits humains et du travail, dont des militants BDS, mirent en lumière le rôle de la société dans des violations des droits humains en Palestine et aux États-Unis.

Ces avancées font suite à de nombreuses victoires du BDS dans les années passées contre G4S en Jordanie, Colombie, Finlande, Royaume Uni, Afrique du Sud, au Parlement Européen, parmi d’autres pays et institutions, qui ont forcé la société à vendre la plupart de ses marchés israéliens illégaux.

6. Le plus important opérateur de transports publics d’Israël a perdu un contrat de 190 millions d’euros pour la gestion des transports publics en Hollande.

7. Le conseil municipal de la ville de Barcelone a adopté un guide des pratiques éthiques qui exclue les entreprises impliquées dans l’occupation militaire israélienne. Dans les années passées, des dizaines de conseils municipaux en Espagne se sont déclarés “zones libres de l’apartheid israélien.”

8. Une coalition palestinienne d’organisations chrétiennes appelé le Conseil Mondial des Eglises à soutenir le mouvement BDS pour les droits humains palestiniens.

9. Une vague de boycotts a touché le festival international du film LGBT de Tel Aviv : des artistes du monde entier ont respecté la ligne du boycott culturel palestinien. Un réalisateur primé Sud-africain, dont le film avait été programmé pour faire l’ouverture du festival, figurait parmi les artistes qui annulèrent leur participation au festival.

10. Deux universités chiliennes annulèrent des évènements sponsorisés par l’ambassade israélienne, et des conseils d’étudiants dans plusieurs universités des États-Unis et d’ailleurs ont voté diverses mesures BDS.

11. Le gouvernement israélien a subi un revers embarrassant après que six joueurs de la Ligue National de Football (NFL) des États-Unis sur onze refusèrent un voyage de propagande tous frais payés, organisé pour améliorer l’image terni d’Israël.

12. Les campagnes de BDS prennent de l’ampleur parmi les citoyens palestiniens d’Israël. En coordination avec les partenaires BDS en Corée du Sud, le Comité BDS des Citoyens Palestiniens d’Israël (BDS48) a lancé une campagne pour boycotter et se désengager de Hyundai Heavy Industries (HHI) jusqu’à ce que la société mette fin à sa complicité dans les violations israéliennes des droits humains palestiniens, particulièrement à Jérusalem et dans le Naqab (Néguev).

Traduction: LG pour BDS France







Et pour les sceptiques, qu'il sachent que le peuple Palestinien subit trop d'injustices comme cette dernière qui fait sursauter même les alliés d'Israël: 





Le combat continue en France et même en Israël où le mouvement citoyen pour une paix durable ne fait que s'accroître. 



Le 2 février dernier s'est déroulé à Metz le procès en première instance sur plainte de la multinationale israélienne TEVA (génériques pharmaceutiques) contre le président du collectif BDS 57, poursuivi pour provocation à la discrimination. Les associations France-Israël et Avocats sans frontière s'étaient au dernier moment constituées partie civile. Les juges décidèrent la prescription, ce qui constituait pour nous et pour toute la campagne BDS France une issue idéale. Le parquet a cependant fait appel du jugement, suivi immédiatement des trois plaignants et un nouveau procès aura donc lieu :

LE JEUDI 5 OCTOBRE PROCHAIN à 14 H 00 AU TRIBUNAL DE METZ

Nous préparons une nouvelle mobilisation dans les mêmes conditions que la précédente puisque c'est le même procès qui va se dérouler devant une nouvelle cour, avec la probabilité que la prescription ne soit pas confirmée. Vous avez été nombreux à participer l'hiver dernier à cette mobilisation exceptionnelle et mes camarades et moi-même sommes infiniment reconnaissants. Ce fut incontestablement une réussite couronnée par un premier verdict inespéré et une incontestable première victoire de notre avocate. Malheureusement nos adversaires, et au premier chef le Parquet, s'acharnent et nous allons devoir à nouveau mettre en place le même scénario, dans l'espoir d'une décision de justice en notre faveur...

D'ORS ET DÉJÀ, NOUS FAISONS APPEL A VOTRE SOLIDARITÉ, DONT LE VOLET FINANCIER EST LE PLUS URGENT POUR NOUS, SACHANT QUE LES FRAIS DE JUSTICE RESTENT TRÈS ÉLEVÉS... 


Nous entrerons dans le vif de la mobilisation en soutien à l'inculpé dès les premiers jours de la rentrée de septembre, mais nous vous rappelons dès maintenant la diffusion de la pétition mise à jour et qui vise les 3000 signatures pour le moment, ainsi que le recours possible au soutien financier électronique ouvert jusqu'à la fin de l'année civile en cours. Voici un rappel des sites utiles en lien sur Internet :




samedi 23 juillet 2016

En route pour le Palestine Tour !



C'est dans le cadre de la caravane "en route pour la Palestine" que de nombreux militants de la cause palestinienne et de la campagne "BDS" à l'encontre d'Israël ont été arrêtés alors qu'ils se trouvaient sur les quais du Rhône. Ils devaient se retrouver, place des Terreaux de 17h à 20 pour un spectacle sur le thème des campagnes BDS et des exactions de l'armée israélienne. Interpellés par la police, ils ont été relâchés 1h plus tard.


Tous les détails dans l'article suivant :http://www.europalestine.com/spip.php?article12068
Vidéo de leur arrestation : 

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mardi 30 octobre 2012

Drapeau palestinien contre le Mossad

Photo Gilles Dufour
On a le droit de ne pas apprécier la présence d'un drapeau palestinien ou pas sur un terrain de sport mais imaginer qu'on ne fait pas de la politique dans un évènement sportif, c'est tout simplement de la naïveté. Un évènement sportif à l'échelle européenne est d'abord un évènement médiatique. Le sport dans tout ça n'est que secondaire. Que ça plaise ou pas.
Ceux qui financent une telle organisation le font avant tout avec un esprit mercantile. On ne verra jamais des drapeaux palestiniens ou autres lors d'un évènement où il n'y a pas de caméra et lors d'un évènement qui n'est pas projeté en direct.
Certains considèrent que la politique n'a pas sa place dans le sport et que dire alors de certains sponsors à des années lumière de l'esprit sportif. Pourquoi à votre avis, il y a eu un tel déploiement de services de police pour un match sans aucun enjeu et même la présence de services spéciaux étrangers 'Mossad' certainement armés aux côtés de la police française. ça ne dérange personne à ce que je vois. Et bien sûr ce déploiement de sécurité n'est pas financé par les organisateurs qui eux n'encaissent que les bénéfices. Certains s'offusquent de la présence d'un jeune homme avec pour arme un drapeau lourd en symbole oubliant que ce club sportif de Tel Aviv est établi dans un état qui empêche d'autres sportifs de circuler librement de leur prison à ciel ouvert.
C'est beau le slogan pas de politique dans le sport et pourtant comment a-t-on lutter contre l'apartheid sud africain ? avec des fleurs peut être. L'Afrique du sud était boycottée et son sport avec et aujourd'hui l'apartheid fait parti du passé.
Alors plutôt que rouspéter sans chercher à savoir, réfléchissez sur les pratiques sportives en Palestine et les conditions de vie des Palestiniens. Demandez vous pourquoi il est si difficile aux palestiniens de voyager ou même de recevoir leurs visiteurs.
Alors oui , quand les conditions de pratique du sport seront du même niveau en Palestine que pour les Israéliens, on pourra se plaindre de la présence de ces drapeaux en plein milieu d'un match. chacun proteste comme il peut avec les moyens qu'il a.

Le sport n'a jamais été neutre. C'est un outil de propagande utilisé par tous les pays pour dire que chez nous tout va bien même quand ça va mal.





Sur un forum sportif, le problème a été abordé avec des commentaires pour et contre s'opposaient sans violence. Ainsi l'objectif voulu avait été atteint .



Le jeune homme qui avait interrompu le match avec un drapeau palestinien comparaitra le 9 novembre 2012 à 15h devant le tribunal de Chalons/Saône avec une plainte d'incitation à la haine raciale lourde de sens, qu'il rejette.

Sur le déroulement des évènements, il a tenu à s'expliquer auprès des médias. 


Je suis venu au match avec un drapeau dans l’intention de l’exposer dans les tribunes pour exprimer mon soutien au peuple palestinien. Mais le stade se trouvait quadrillé de policiers en civil et en uniformes, ainsi que de chiens, et très vite d’autres jeunes visiblement en déplacement pour la même cause ont été arrêtés, fouillés, interrogés, et encerclés de policiers les empêchant de faire le moindre mouvement.
Voyant qu’ils étaient ainsi immobilisés, j’ai décidé de montrer le drapeau palestinien que j’avais gardé sur moi, et suis entré sur le terrain quelques secondes avec mon drapeau visible, avant d’être ceinturé et embarqué.
Une dizaine d’agents de sécurité en costumes noirs m’ont escorté dans les coulisses du Colisée, dont l’un particulièrement virulent qui me mettait des gros coups de poing dans le crâne, à l’arrière de la tête, pendant mon parcours jusqu’au responsable du dispositif.
Certains ne parlaient pas français entre eux, et je fus davantage renseigné, quand l’un d’entre eux s’arrêta pour demander aux autorités locales de vérifier l’identité d’un journaliste qui se trouvait dans le carré de presse . Apprenant qu’il était palestinien (et journaliste) il demanda son évacuation et son embarcation au poste pour interrogatoire.
A la lecture du reportage publié par le quotidien local "Le Journal de Saône-et-Loire", j’ai appris, après ma libération, des détails supplémentaires sur l’implication directe du Mossad, de A à Z, dans le déroulement de la soirée à Chalon sur Saône. Ce que je trouve particulièrement choquant.
J’appris également qu’une femme avait été arrêtée pour avoir brandi un drapeau palestinien à la sortie du stade, une fois le match terminé ! Elle ne fut libérée qu’à 6 H du matin.
Une fois mis en cellule, j’ai eu droit à diverses insultes de la part de policiers qui venaient me traiter de "Pauv’ con" et autres amabilités.
Puis l’officier de police judiciaire vint me dire que j’allais être inculpé pour incitation à la haine raciale. Alors que je réfutais une telle accusation, il me déclara que c’est lui décidait, pas moi.
Une femme médecin est ensuite venue me sermonner de manière arrogante. Je lui ai dit de s’occuper de m’ausculter et signalé les coups qui m’avaient été portés au crâne, sans que cela ait l’air de la troubler.
Je fus ensuite renvoyé dans ma cellule, où je me retrouvai en compagnie d’une personne âgée et ivre, alors qu’il n’y avait qu’un seul lit dans ce local exigu.
Après audition le lendemain, où je n’avais rien à déclarer, il me fut signifié à 13 H 30 que j’allais être déféré devant un tribunal pour une comparution immédiate.
A 15 H, quand ce fut mon tour de comparaître, le juge me posa une série de questions pour savoir si la haine était le moteur de mon action. Je répondis que mon geste, parfaitement pacifique, avait pour but de dénoncer la politique d’un Etat et que j’avais pour amis des Israéliens, qui eux aussi s’opposaient dans leur pays à la politique coloniale et aux exactions contre les Palestiniens.
Après une suspension de séance, le juge fit savoir qu’il acceptait mon refus d’une comparution immédiate et ma demande de report du procès, afin que je puisse préparer ma défense.
Mon procès aura donc lieu le vendredi 9 novembre prochain à 15 H, au Tribunal de grande Instance (TGI) de Chalon sur Saône, et je vous remercie de votre présence et de votre soutien face à cette manière d’inverser les rôles, et de vouloir criminaliser des personnes qui luttent pour le respect des droits de l’homme et du Droit International.
Layli source europalestine.com"



mercredi 7 juillet 2010

Réflexion du CCIPPP sur la campagne BDS

FSE- Istanbul 1- 4 juillet 2010 : intervention de JLM (CCIPPP)


publié le lundi 5 juillet 2010.


"Notre stratégie dans un contexte mondial devenu favorable c’est la lutte, la résistance offensive. Car ne nous y trompons pas, le rôle que joue déjà et que va jouer encore plus le mouvement de solidarité est déterminant. Cette résistance offensive n’est pas une solidarité exogène, elle devient partie intégrante du combat du peuple palestinien. Les actions BDS engagées sont les ramifications de l’appel BDS, elles prolongent et étendent l’action des palestiniens. Et déjà les progrès sont significatifs, la solidarité s’étend dans des secteurs nouveaux, reprend dans certains syndicats qui s’en étaient éloigné"



FSE- Istanbul 1- 4 juillet 2010
J.L. M. CCIPPP




Dans le cadre de ce débat général je développerai deux idées forces :

Au plan international on assiste à la fin de l’unilatéralisme des E.U. et à l’émergence d’un monde multipolaire. Concernant la Palestine, ceci ouvre l’accès à une nouvelle période. Il est impératif de l’identifier pour établir notre stratégie. Celle-ci ne peut-être dictée par nos schémas habituels, elle ne répondrait pas aux exigences de la réalité et serait inefficace. Je vais essayer de vous exposer la vision que la CCIPPP a de la situation et l’articulation entre cette vision et les actions que nous adoptons et menons.

La seconde idée concerne « les solutions » :

La question des « solutions » doit être abordée dans le contexte réel de la situation en Palestine, d’une part, et d’autre part en prenant en compte le contexte international changeant. Je voudrais développer ici, l’idée que la discussion autour des solutions est d’abord

1) un faux débat, car il n’y a dans l’horizon de la situation aucune « solution », si on entend par solution des préparatifs véritables pour un compromis historique possible, et

2) que ce débat n’est pas simplement coupé de la réalité actuelle, et donc irréel mais qu’il a par contre une fonction bien réelle qui est celle de pérenniser l’occupation et la domination israélienne.

La fin de l’unilatéralisme des E.U.

L’agressivité de la politique étatsunienne et israélienne, les défaites successives, la défaillance des pays arabes, les déceptions… nous avaient amenés à envisager la situation avec pessimisme. Il fallait tenir, résister dans la défensive en affirmant nos principes, mais sans imaginer pouvoir changer la réalité.

On notera en premier lieu la résistance du peuple Palestinien, qui malgré les offensives israéliennes meurtrières et la complicité des pays arabes, ne se résigne pas. En dépit de 62 ans d’oppression sans précédent il se tient debout et continue d’inventer de nouvelles formes de résistance. Nous saluons tous ici sa formidable endurance, sa capacité de lutte et sa dignité !

Une série d’événements, la plupart indépendants de notre propre action, a bel et bien reconfiguré le paysage.

La crise systémique et globale du système néolibéral ; elle ne sera pas surmontée par des « bricolages » et les thèses du mouvement altermondialistes gagnent en crédibilité.

Force est de constater que la « guerre préventive, permanente et totale » engagée par les E.U. n’a pu s’étendre. Les aventures menées en Iraq et en Afghanistan témoignent chaque jour davantage de l’impasse politique et militaire de ce projet meurtrier et constituent désormais un fardeau pour les E.U.

Les mouvements de résistance gagnent du terrain : ainsi au final et malgré le prix exorbitant payé par les libanais, l’échec de l’agression israélienne contre le Liban en juillet 2006 et l’échec du plan Bush-Rice sont le fruit de la résistance du peuple libanais.

L’Iran ne semble pas près de s’effondrer malgré les nombreuses difficultés qui le traversent. Au contraire, que ce soit par un maillage de contrats basés sur des intérêts strictement économiques ou des alliances basées sur des affinités politiques avec l’Amérique Latine, l’Asie et la Russie, l’Iran surmonte l’isolement et minimise l’efficacité des sanctions demandées par l’occident.

la Turquie connaît aujourd’hui une situation bien différente d’il y a 10 ans. Bien que membre de l’OTAN et entretenant officiellement des liens privilégiés avec l’Union Européenne et Israël, la marge de manœuvre qu’elle a su imposer dans ces relations témoigne de la multipolarité du monde d’aujourd’hui. Ce n’est pas un « islam modéré », c’est à dire un islam assujetti à l’Occident qui dirige le pays. L’AKP mène une politique qui façonne de jour en jour les contours d’une force régionale, exigeante de son autonomie sur des questions majeures et en alliance avec diverses parties du monde.

En témoignent les événements des mois derniers :

L’importance de la visite du président Russe Medvedef (début mai 2010 en Syrie et en Turquie) et des contrats signés,
Plus important encore concernant la crise dite « du nucléaire iranien », il y a eu le « projet de solution » présenté en accord avec le Brésil et l’Iran lui même, qui a réussi à échapper au contrôle exercé par les E.U. et l’Europe (le 16 mai dernier).
Dans le même registre on notera également le vote commun du Brésil, et de la Turquie (membres non permanents) au Conseil de sécurité de l’ONU contre les sanctions à l’égard de l’Iran.

Enfin , et contre toute attente des E.U. qui ont tout fait pour attiser les rivalités et les conflits d’intérêts, les relations entre les deux forces régionales montantes, l’Iran et la Turquie, s’engagent sur le versant de l’entente. Et il ne fait aucun doute que le soutien à la Palestine a été un des éléments clés de ce rapprochement.

Tout ceci marque la fin de l’hégémonie des Etats Unis et l’avènement d’un monde multipolaire où les puissances régionales ont leur mot à dire. Ce changement qui a un impact direct sur la situation au moyen orient est très favorable à la lutte du Peuple Palestinien et au développement du mouvement international de solidarité à la lutte du Peuple Palestinien. Il n’est que de voir l’essor pris par la campagne BDS dans le monde !

Ce qui m’amène au second point de mon exposé :

Les « Accords d’Oslo » ont initié en 1993 La procession des « processus de paix ». Le bilan catastrophique pour les palestiniens de cette période, démontre sans appel la véritable fonction de « processus de Paix » : anesthésier l’opinion internationale, grâce à quoi, avec le soutien de ses alliés, Israël pouvait poursuivre en toute impunité la colonisation, l’apartheid, les crimes de guerre et le nettoyage ethnique de la Palestine. Ceci a été dit dès 2000, par Sharon annonçant son projet de « terminer ce qui a été commencé en 48 ». Ces 17 dernières années ont vu un développement sans précédent de la colonisation de la Palestine, le non respect des termes et des articles des accords d’Oslo et ce dès 1994 !! avec retards, modifications, remises, ajustements etc et pendant ce temps, la machine coloniale continuait sa marche. Maintenant, la machine s’est même libérée de la rhétorique qu’est le processus de paix et fonce ouvertement. Certains posent la question de la sincérité d’Israël dans la recherche d’un compromis au départ. Nous n’allons pas rentrer dans une vaine discussion, les faits bien matériels et concrets prouvent qu’il n’y a pas de processus de paix, il n’existe tout simplement pas.

C’est même de pire en pire. En effet, bien que Netanyahu ait déclaré vouloir « arriver à la paix économique, sécuritaire et politique » il refuse, conformément à la charte du Likoud, l’existence d’un état palestinien. Lieberman, a déjà annoncé : « qu’accepter des concessions dans le cadre du processus de paix avec les Palestiniens mènerait l’Etat hébreu à la guerre. » et il déclare vouloir « gérer » le conflit sans qu’il soit besoin de rechercher des solutions. Ce ne sont pas les pseudos concessions grotesques de ces derniers jours de Nétanyahou sur « un état Palestinien » qui changent quelque chose.

Or les USA et l’UE, autant que la classe politique israélienne au pouvoir, qu’elle soit travailliste ou likoudienne, ne peuvent renoncer à la solution des « deux états » qui est devenue au fil des années le corollaire indispensable des « processus de paix » :

Soyons réalistes ! la solution des deux états, vous savez bien ce que c’est aujourd’hui

c’est confirmer la reconnaissance d’Israël en tant qu’état juif et donc valider sa politique sioniste.
c’est garantir le maintien d’une Autorité Palestinienne sans état mais sous tutelle économique, financière et politique et donc renforcer une dérive déjà bien engagée !
Ca rappelle aux palestiniens un vieux projet israélien de 1968, tout juste après l’occupation de Gaza et de la Cisjordanie, qui s’appelait « Le comité des villages et des quartiers » où il s’agissait de donner une autonomie de gestion de la vie quotidienne aux palestiniens.
Enfin et surtout c’est mystifier l’opinion publique internationale sur un état palestinien qui aujourd’hui sur le terrain, n’a plus d’existence viable. Si dans le mouvement international de solidarité, rares sont ceux qui se font des illusions sur les « processus de Paix », beaucoup encore semblent perdus à l’idée de ne pas avoir de réponse que la question d’un ou deux états, comme s’il était impossible de lutter sans avoir de réponse à cette question.

Dans ce débat nous disons : pour le Peuple Palestinien, la remise en route d’un « processus de paix » qui, avec la bénédiction des instances internationales, permettrait à Israël de poursuivre en toute impunité sa politique serait une grande misère, pire, une complicité active. Pour le mouvement de solidarité ce serait des débats sans fin et paralysants, pour au final rentrer dans le cadre d’une solidarité institutionnalisée et partielle, un sauvetage des humains, et encore, voyez la capacité à punir les humains de Gaza, ou à chasser de chez eux les humains de Jérusalem, en fait, il s’agit d’en faire des esclaves !

Or la campagne BDS nous offre le double avantage de réinitialiser le mouvement de solidarité sur la base stratégique des revendications fondamentales du Peuple Palestinien et de maintenir la solidarité sur le terrain de l’action citoyenne.

Notre stratégie dans un contexte mondial devenu favorable c’est la lutte, la résistance offensive. Car ne nous y trompons pas, le rôle que joue déjà et que va jouer encore plus le mouvement de solidarité est déterminant. Cette résistance offensive n’est pas une solidarité exogène, elle devient partie intégrante du combat du peuple palestinien. Les actions BDS engagées sont les ramifications de l’appel BDS, elles prolongent et étendent l’action des palestiniens. Et déjà les progrès sont significatifs, la solidarité s’étend dans des secteurs nouveaux, reprend dans certains syndicats qui s’en étaient éloignés, ainsi la flottille de la Liberté n’aurait pu se faire sans ces soutiens, sans la place que la Palestine a conquis dans les Forums sociaux, sans les coordinations nationales, européennes. On assiste à l’émergence d’initiatives originales telle la Coalition contre Agrexco et les exportations de l’entreprise israélienne Agrexco/Carmel qui regroupe en France 96 organisations et qui a essaimé en Italie, Suisse et bientôt l’Espagne pour devenir une coalition européenne contre Agrexco/Carmel. De même le tribunal Russel, etc.

Oui l’heure est à l’action, à la résistance offensive, à l’amplification du rapport de forces pour exiger la fin de l’impunité d’Israël et les droits fondamentaux du Peuple Palestinien. Là est notre stratégie.

jeudi 1 avril 2010

'Boycott, désinvestissement, sanctions', une campagne pour la justice

"'Boycott, désinvestissement, sanctions', une campagne pour la justice", par Ivar Ekeland, Annick Coupé, Nahla Chahal et Michèle Sibony



Pour la Campagne Boycott désinvestissement danctions (BDS) à l'égard d'Israël, l'heure est semble-t-il en France à la criminalisation et aux attaques diffamatoires. La tribune publiée par Me Michaël Ghnassia sur Le Monde.fr du 24 mars n'en est qu'un exemple. La rhétorique déployée par ce dernier renvoie un geste citoyen pour obtenir l'application du droit international, le boycott, à une "hérésie morale". Le boycott a pourtant une histoire en forme d'arme des sans-armes, que Me Ghnassia semble bien oublier : boycott des bus de Montgomery en 1955 à l'appel de Martin Luther King, boycott de l'Afrique du Sud contre l'apartheid à la fin des années 1970… A une échelle plus modeste, en janvier 2001, des ouvriers de Calais et Ris-Orangis menacés de licenciements appelaient à boycotter leur propre compagnie, Danone.


La suite en cliquant sur ce lien

lundi 29 mars 2010

BDS (Boycott, Divestment and Sanctions)

Moi aussi, je boycotte l'occupant israélien

Grand rassemblement à Lyon
Mardi 30 mars à 18h30
Palais de Justice
67, rue Servient
69003 Lyon