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vendredi 22 février 2013

courrier de Pierre Piccin da Prata aux armées


À ema.medias@defense.gouv.fr 

Madame, Monsieur, 

Je vous écris pour solliciter votre intervention dans une affaire très délicate. 

Je me suis rendu à Tombouctou par mes propres moyens. On m'a proposé d'y rencontrer le dernier Arabe encore établi dans la ville. Il s'agissait d'Ali ould-Mohamed Kalbali, né "vers 1943", selon sa carte d'identité, qu'il m'a montrée. 

Je lui ai parlé quelques minutes à peine, ce 14 février. Terrorisé par le climat hostile aux Arabes et Touaregs qui règne à Tombouctou et ailleurs au Mali, il s'est muré dans le silence, m'affirmant cependant qu'il n'était nullement inquiété. 
Toutefois, deux heures après que j'ai quitté Tombouctou ce même jour, mon contact m'a informé par téléphone de l'arrestation d'Ali ould-Mohamed Kalbali, arrêté par des militaires maliens moins d'une demi-heure après que je l'ai rencontré. 

Nous sommes à ce jour sans nouvelle de lui. 

Ayant recueilli à Tombouctou de nombreux témoignages sur les arrestations, disparitions et assassinats d'Arabes et de Touaregs par l'armée malienne et ayant par ailleurs personnellement constaté l'existence d'un charnier, je suis très inquiet pour la sécurité d'Ali ould-Mohamed Kalbali. 

Certain que les forces armées françaises présentes au Mali et à Tombouctou plus particulièrement peuvent exercer une influence déterminante sur les autotités militaires maliennes, je vous prie de prendre urgemment en considération ma requête et de la transmettre à qui de droit sur le terrain des opérations de sorte à protéger cette personne. 

Cet article du Washington Post, qui reprend la dépêche d'AP, dont j'ai informé la correspondante à Tombouctou, vous renseignera sur les circonstances exactes de cette disparition : http://www.washingtonpost.com/world/africa/arab-man-among-last-in-timbuktu-arrested-after-giving-interview-in-mali/2013/02/14/ce32fe28-76aa-11e2-b102-948929030e64_story.html
 
 

Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir me tenir informé de vos démarches. 

Très sincèrement, 

Pierre PICCININ da PRATA
Historien - Politologue
Ali ould-Mohamed Kalbali (Tombouctou - MALI), une demi-heure avant son arrestation par l'armée malienne, le 14 février 2013



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De : EMA MEDIAS
À : Piccinin Pierre
Envoyé le : Dimanche 17 février 2013 15h08
Objet : Re: MALI - Tombouctou - Ali ould-MOHAMED KALBALI



Bonjour Monsieur,

Nous accusons bonne réception de votre mail, que nous relayons vers notre cellule communication à Bamako.

Cordialement,
Cne Bonnet
EMACOM/ERM
06 72 31 83 32
01 42 19 83 08


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De : Piccinin Pierre
À : EMA MEDIAS
Envoyé le : Mercredi 20 février 2013


Madame, Monsieur,

Mes contacts à Tombouctou m'informent que Monsieur Ali ould-MOHAMED KALBALI est toujours porté disparu.

Vu la politique d'épuration ethnique menée par l'armée malienne, y compris dans les zones contrôlées par l'armée française, je me permets d'insister : avez-vous entrepris les démarches nécessaires auprès des autorités maliennes pour garantir la sécurité de cette personne?

Sincèrement,



Pierre PICCININ da PRATA
 Historien - Politologue


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De : "ema.medias@defense.gouv.fr"
À : Piccinin Pierre Cc : "ccoudriou@amnesty.fr"
Envoyé le : Jeudi 21 février 2013 21h11
Objet : Re: MALI - Tombouctou - Ali ould-MOHAMED KALBALI



Monsieur Piccinin da Prata,

Je vous confirme la bonne réception de vos informations que nous avons transmises aux services compétents sur le terrain.Nous comprenons vos inquiétudes et bien évidemment les partageons.Cependant et comme vous le savez, les forces françaises n'ont pas vocation à s'installer dans les villes maliennes dont la sécurité est assurée par les forces armées maliennes. Néanmoins, toute remontée d'information coïncidant avec les éléments que vous nous avez décrits sera prise en compte sérieusement par nos militaires sur place.Je vous invite également à transmettre ces éléments aux services de sécurité maliens à Bamako.Nous nous tenons à votre disposition sur le sujet.

Cordialement,-- CNE BONNET / EV1 BENYAKHLEF
État-major des Armées Cellule Communication / Équipe Relations Médias
+33 (0)1 42 19 83 08
+33 (0)1 42 19 41 97


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De : Piccinin Pierre
À : EMA MEDIAS
Envoyé le : Jeudi 21 février 2013


Capitaine,

Je vous remercie une nouvelle fois pour l'amabilité et la rapidité de votre réponse.

Toutefois, vous comprendrez aisément que je ne saurais m'en satisfaire.

En effet, aux termes du droit international et de la jurisprudence en la matière, il est un fait que l'armée française étant la force majeure présente à Tombouctou, c'est à elle qu'il incombe de garantir la sécurité des civils ou, à tout le moins, d'empêcher des crimes similaires à celui de l'épuration ethnique.

L'armée malienne, à laquelle vous me suggérez de m'adresser, est à ce jour davantage constituée de bandes indisciplinées que d'unités fiables et soumises à la loi. Elle est en outre en proie à des dissensions internes, alimentées notamment par le capitaine Sanogo du camp de Kati, près de Bamako.

Surtout, les témoignages impliquant cette armée malienne dans les exécutions sommaires, les arrestations, disparitions et assassinats de Touaregs et d'Arabes sont à ce jour d'un nombre tel qu'il serait illusoire de se fier à cette institution pour garantir la sécurité de Monsieur Ali ould-MOHAMED KALBALI.

Les cas de personnes arrêtées un jour par l’armée malienne, devant témoins, et retrouvées le lendemain ou dans les jours qui ont suivi décédées d’une balle dans la tête ou la gorge ouverte ne se comptent plus.

Le facteur temps étant de toute évidence déterminant dans ce dossier, je ne saurais donc moins insister auprès de l'état-major des forces armées françaises qui occupent la région de Tombouctou pour solliciter son intervention diligente à porter secours à Monsieur Ali ould-MOHAMED KALBALI, arrêté devant témoins par des soldats maliens ce 14 février 2013, à son domicile, entre 08h30 et 09h00.

Certain de l’attention plus particulière que vous accorderez à ma requête à la lumière de ces considérations,

Très cordialement,




Pierre PICCININ da PRATA
 Historien - Politologue





Pour rappel la pétition sur avaaz pour demander la libération du Malien d'origine arabe , Monsieu Ali Ould-Mohamed Kalbali


http://www.avaaz.org/fr/petition/Sauvez_Ali_70_ans_Arabe_malien_de_Tombouctou_arrete_injustement_Dites_non_a_lepuration_ethnique_au_Mali/?fITFwbb&pv=28

 

vendredi 13 août 2010

lieutenant-colonel Romuald Letondot sanctionné

C'est avec un malin plaisir que j'ai appris la sanction tombée à l'encontre lieutenant-colonel Romuald Letondot suite à son attitude vis à vis de Didier Ledoux en marge d'une manifestation. relire l'article ci joint ; ça a permis de mettre aussi un nom derrière l'image de cet officier français. Et dire qu'il avait menacé le journaliste Togolais pour une simple photo, le voici pour longtemps affiché pour quelques clics sur un clavier sur les écrans du monde entier;
J'espère que ça servira de leçon pour tous ces aprentis petits chefs en culotte courte.


Internet vient une fois de plus démontrer son efficacité comme moyen de diffuser la vérité et de marquer 1 point contre les imbéciles du monde entier

jeudi 12 août 2010

AGBEDIVLO Komi, alias Didier Ledoux: un journaliste courageux

Je remercierai presque cet officier de l'armée française , coopérant militaire auprès du service des Forces armées togolaises (FAT )

de m'avoir fait connaître ce journaliste Togolais Didier Ledoux l’un des 7 rédacteurs du site http://www.libertetg.com/


Tout était parti d'une manifestation de l'opposition le 10 aôut 2010 à laquelle assistait le journaliste
"J'étais sur le lieu de la manifestation quand j'ai vu cet officier français faire de grands gestes aux forces de l'ordre, j'ai décidé de le prendre en photo comme j'aurais pris tout les mouvements qui auraient pu sembler particulier" raconte Didier Ledoux


voici l'article du journal liberté ici qui relate cette histoire qui n'a pas manqué d'être reprise par de nombreuses rédactions; du coup ce colonel qui ne voulait pas ébruiter l'affaire a réussi non seulement à le faire mais en plus à ridiculiser cette armée qui se comporte comme à la bonne vieille époque des colonies. comme quoi les hommes changent mais les méthodes restent.
On apprenait par une autre dépêche de reporters sans frontières que le journaliste Didier Ledoux et le lieutenant colonel Romuald Letondot, conseiller du chef d’Etat major de l’armée du Togo avaient été reçus par le premier conseiller de l'ambassade de France au Togo. Le lieutenant colonel a présenté ses excuses au journaliste et pour ce qui est d'éventuelles poursuites judiciaires, rien n'est décidé.


samedi 30 août 2008

Quand la grande muette parle, j'écoute

Joint par Le Journal du Pays Yonnais, un militaire vendéen raconte les conditions apocalyptiques qu'endurent les soldats français en Afghanistan.
Un témoignage édifiant.
Une armée sous-équipée
"Nous avons été obligés d'investir personnellement 500 à 1000 euros avant de partir pour nous acheter du matériel opérationnel. Celui que nous a donné l'armée n'était pas approprié. Nous attendons toujours des gilets pare-balles adaptés."
Des soldats mal encadrés... et c'est le moins qu'on puisse dire
"Nous sommes mal organisés. Tous les jours, nous essuyons des attaques de roquettes, mais nous ne pouvons pas répondre sans l'accord des responsables. Mais cela met toujours un certain temps, car tous les officiers sont dans des bureaux où c'est calme. Ils ne font rien, à part la pause café. planqués à Kaboul, ils sont 82 colonels et sous-lieutenants à s'être inventés des missions pour toucher du pognon!"
Une communication verrouillée
"Chaque jour, on nous dicte les mots à dire aux journalistes. On n'a pas le droit de dire la vérité. Nous n'avons pas le droit de nous plaindre, de dire que nous n'avons pas assez à manger, qu'on a peur ou qu'on est épuisé! (...) Alors aujourd'hui, je le dis: oui, j'ai peur..."
Voilà les troupes d'élites envoyées par notre président bling bling pour les beaux yeux de Bush.
Dommage qu'il ne donne pas l'exemple en envoyant ses enfants et ses amis.