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mardi 3 mai 2016

Les puces du canal. Un marché qui dérange


Chacun doit se rappeler comment la police municipale de Villeurbanne s'était vantée à travers les médias de son opération anti incivilité menée le 22 février en distribuant des dizaines de pv aux abords du marché aux puces de Vaulx en velin en allant jusqu'à dépasser sa zone d'intervention en intervenant sur le territoire vaudais pour taxer les voitures et augmenter la trésorerie villeurbannaise. Bien sûr que le stationnement le dimanche matin, c'est du grand n'importe quoi et qu'il ne faut pas laisser faire mais il aurait été plus intelligent d'y aller avec de la persuasion, qu'assommer les gens avec des pv à 135 euros ou des mises en fourrière. Tout le monde sait qu'il est difficile de se garer et que le parking à 3€50 est toujours complet. Non seulement , on raquette une population qui souvent n'a pas de gros moyens mais en plus on récidive toujours au même endroit, là où on est sûr de se taper du maghrébin. Il y a 1 peu plus d'un mois, je suis allé faire un saut aux abords d'un autre marché aux puces celui de Villeurbanne , les puces du canal,du côté de la Feyssine. Là bas, les voitures s'étalent sur tous les trottoirs autour du marché créant une gêne manifeste pour tous les Vaudais qui empruntent le pont qui relie Villeurbanne et Vaulx en velin. J'ai pris des photos, j'ai filmé et j'ai appelé les polices de Vaux en velin, Villeurbanne et la police nationale. Aucune n'a voulu intervenir prétextant manque d'effectifs, que ce n'était pas sur son territoire pour la police vaudaise. La vraie raison m'a été donnée par un policier municipal de Villeurbanne. Ils n'interviennent pas parce que là bas, c'est une clientèle bourgeoise. Grosses cylindrées de Suisse, du Luxembourg, les bobos lyonnais , eux peuvent faire chier les vaudais, ils ne risquent rien et notre police municipale est à l'image de la municipalité, elle s'en fout. Je vous propose de nous retrouver dimanche prochain et mener une opération tractage auprès des automobilistes en les invitant à respecter les piétons en n'occupant pas les trottoirs et pour bien se faire comprendre et obliger la police à faire le ménage, nous occuperons tout simplement la chaussée. Y'en à marre d'être pris pour des cons par ces municipalités socialistes de Villeurbanne et Vaulx en Velin qui nous méprisent. Leurs actions sont totalement discriminatoires et inadmissibles. Dimanche 8 mais, j'appelle les Vadais et Villeurbannais à protester en organisant une opération escargot sur le pont de Croix Luzet pour protester contre cette anarchie qui n'a que trop duré pour le bénéfice de certains et au détriment des piétons qui traversent le canal à la hauteur du marché. Si la police refuse d'agir, nous, citoyens devons le faire.

Je joins des vidéos qui montrent l'ampleur de la situation. 







et là côté villeurbanne vers le pont de croix luzet, on ferme les yeux 





vendredi 30 août 2013

Alerte à la bombe à Lyon

La police est intervenue, il y a moins de deux heures du côté de la place de l'Europe à Lyon (France) et a procédé au bouclage d'un quartier avec l'évacuation d'un immeuble et d'une rue en raison d'une alerte à la bombe.
Aux dernières nouvelles, il semblerait que l'occupant d'un immeuble dont la cave aurait été maintes fois visitées avait décidé de piéger sa propre cave avec ce qui ressemblerait à des grenades ou peut être de simples explosifs. Il y a encore 1h, la police était encore sur les lieux , tous les habitants ayant été évacués. 


Agrandir le plan


 https://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Actualites/Accident/Lyon-6e-des-grenades-dans-une-cave-les-demineurs-sur-place


 https://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Actualites/Accident/Grenades-du-6e-travail-des-demineurs-termine
 

mardi 11 septembre 2012

La ripoux manie , spécialité lyonnaise

A Lyon, On en rit des poux même si c'est jaune mais là on en est à la seconde version en moins d'un an. Et ça se passe à Vénissieux. Les Minguettes, ça vous cause, la marche des beurs aussi. Voilà la dernière série des ripoux dans la ville
de l'ancien député-maire communiste, celui qui voulait dégainer plus vite que le front national, mon sosie franchouillard , monsieur André Gérin http://www.lexpress.fr/actualite/societe/venissieux-sept-policiers-interpelles_1159017.html 

Plus de détails à travers ce lien: http://www.mediaterranee.com/1122012-france-une-nouvelle-affaire-de-policiers-ripoux-defraie-la-chronique-lyonnaise.html




commissariat de Vénissieux (DR)

samedi 30 juillet 2011

SIhem Souid sanctionnée: je dis merde à l'injustice


Des sanctions aussi lourdes sont rares dans la fonction publique. Dix-huit mois d’exclusion temporaire, dont six ferme, ont été prononcés à l’encontre de Sihem Souid, ex-agent de la police aux frontières (PAF). Sa faute ? Avoir publié un livre, Omerta dans la police (1), qui dénonce un climat de racisme et d’homophobie dans son ancien service, chargé de lutter contre les migrants illégaux.



Un sursaut républicain qui n’est pas du goût du ministre de l’Intérieur, qui a la haute main sur la procédure disciplinaire. Claude Guéant « n’a pas choisi la voie de l’apaisement », ont jugé les avocats de la policière, William Bourdon et Béatrice Dubreuil.



La sanction finalement annoncée mardi contre l’ancienne adjointe de sécurité (ADS) pour manquement au devoir de réserve est inférieure à celle évoquée lors de son passage en conseil de discipline, en avril. Mais elle privera Sihem Souid de rétribution pendant près de six mois, alors qu’elle a déjà été affectée dans un autre service comme adjointe administrative. Elle avait alors dû se battre en justice pour faire annuler au mois de mars une première suspension de quatre mois requise à son encontre au motif qu’elle aurait violé le secret professionnel en se confiant à des journalistes.



Au-delà du harcèlement disciplinaire, le ministre de l’Intérieur a, par cette nouvelle sanction, entériné «un principe gravement antidémocratique selon lequel tout fonctionnaire qui révèle de graves illégalités au sein de son administration doit être lourdement sanctionné», alertent ses défenseurs. Ceux-ci ont d’ores et déjà annoncé qu’ils saisiraient le juge administratif dans les prochains jours.



1. Éditions du Cherche-Midi.



Pierre Duquesne

vendredi 4 février 2011

Aujourd"hui sera un grand jour pour l'Egypte: peut être le dernier de Moubarak

le jour se lève doucement en Egypte, la place tahrir au Caire qui fut le lieu symbole de la lutte contre le régime de Mubarak. Lieu mytique des rassemblements anti Mubarak et aussi lieu des affrontements entre les anti Mubarak et les milices pro gouvernementales dépêchées sur place depuis 2 jours pour se faire des démocrates. Il y eut sur place son lot de martyrs dont

Martyre Kareem Banouna, père de 2 enfants tué d'une balle dans la tête par un sniper le 3 février 2011. Un sniper peut être équipé de l'une des armes arrivées dimanche




 
La police egyptienne s'est comportée en criminel comme l'ont attesté de nombruses vidéos dont cette dernière
 



Les évènements du jour avec ce lien

vendredi 21 janvier 2011

la police de la seconde puissance du monde

De temps en temps, il est bon de s'éloigner de sujets qui fachent et de rire de tout et de rien. C'est pour cette raison que j'ai envie de passer cett vidéo associée à ce lien: http://observers.france24.com/fr/content/20110120-arrestation-digne-film-charlie-chaplin-chine-guangzi-police


mercredi 15 décembre 2010

ça n'arrive pas qu'aux autres

Il y a 15 mn, ma fille est revenue de l'école un peu paniquée. A 11h, sa classe de 5 ième du collège Henri Barbusse de Vaulx en velin qui avait fait un déplacement vers le parc de la Feyssine situé à Villeurbanne s'était fait agressée par un déséquilibré pieds nus dans un froid à ne pas mettre u chat dehors et muni d'un couteau. L'homme était muni d'un couteau et voulait s'en prendre au professeur d'éducation physique et aux élèves. Tout de suite, les élèves ont été pris de panique, cris pleurs avant que la Police n'intervienne rapidement et neutralise sans vioence l'individu. La classe qui avait fait le déplacement pour effectuer une course d'orientation  rejoignit rapidement l'école et aucune cellule psychologique ne fut mise en place. J'ai comme l'impression que certains en haut lieu pensent que le fait d'être de Vaulx en vemlin immunise contre les dégâts psychologiques d'une agression. Il y eut cependant plus de peur que de mal et ma fille m'a raconté ça comme si elle avait assisté à un film de série b. Je n'aurai jamais cru que l'actualité allait rattrapé mon quotidien aussi rapidement.

le parc de la Feyssine c'est ça: http://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_de_la_Feyssine


et le collège Henri Barbusse

samedi 3 avril 2010

Reporter ou indic

J'ai bien peur que ce soit la question que nous devons nous poser après les deux dernières affaires qui viennent d'éclater en mooins d'1 semaine. Celle de L'intervention de la police dans un vaste trafic de drogue à Tremblay-en-France juste avant un reportage qui abordait le sujet de la drogue dans la commune et cette histoire morbide de pédophilie où la police est intervenue à la suite d'infos transmises par l'équipe de reporters elle-même. Même si les affaires semblent assez distinctes. ll n'empêche que dans les deux cas , l'intervention de la police a été liée de très près au travail des journalistes enqueteurs.
Il est arrivé que des journalistes se fassent fraper, casser le matériel d'enregistrement ; hé bien, après ce qui vient de se passer, il y a de forte chance que des récidives se produisent et il y a fort à parier que les incidents qui se sont produits ces derniers jours soient la conséquence no de l'intervention de la police qui est soi-disant au passage normal et nécessaire mais certainement du fait que ceux qui ont été interviewés par les journalistes aient eu l'impression d'avoir été grugés. Que doit on penser maintenant de ces journalistes qui au péril de leur vie, nous ramènent des reportages d'Afghanistan, d'Irak ou d'ailleurs. Doit on les considérer comme des professionnels de la presse ou comme des soldats au service d'un état.
Les journalistes sont ils tenus par le secret professionnel comme les avocats où vont ils devenir des balances professionnelles encartées. Tout ceci mérite une grande réflexion au sein de la profession sous peine de voir la source d'infos se tarir d'elle même et voir une nouvelle profession des journalistes détectives.

jeudi 9 avril 2009

Honte à la France, honte à notre justice

Pur comprendre toute l'affaire, je vous invite pour ceux qui n'auraient pas suivi le dossier d'aller sur ce lien

L'acteur et metteur en scène Patrick Mohr a été puni de 500 euros d'amende avec sursis pour rébellion envers des policiers, incident survenu lors du festival d'Avignon 2008.
Le tribunal correctionnel d'Avignon l'a relaxé des poursuites pour outrage. Le 21 juillet dernier, le comédien avait été placé en garde à vue après être intervenu lors d'un contrôle d'identité lui semblant discriminatoire car visant deux musiciens africains sur une place où se trouvaient des centaines de personnes.
Le président du tribunal a expliqué la relaxe pour l'outrage par des contradictions dans les déclarations des trois CRS et des témoins. Il a estimé que M. Mohr s'était débattu quand il a été menotté, opposant de ce fait une résistance non justifiée aux CRS et se rendant coupable de rébellion.
L'interpellation s'est effectuée conformément aux règles, a dit le président. Il a considéré qu'après l'immobilisation il y a eu «application excessive de la force». Deux des CRS ont reçu un euro symbolique pour les souffrances morales subies. 'extrait d'une dépêche de l'AFP du 08/04/09
Nous voilà replongés 68 ans en arrière sous le règne du maréchal Pétain.
Si l'avocat e Patrick Mohr, nous nous retrouverons face à un précédent dangereux avec des policers qui pourraient tout se permettre.

mercredi 8 avril 2009

Patrick Mohr: verdict aujourd'hui


Rappelez vous c'était il y a quelques mois . L'affaire avait connu un sacré buzz sur le Net. Tellement énorme que moi même personnelement j'avais cru un canular avant de recevoir un message perso des proches collaborateurs pour me convaincre que l'affaire ce n'était pas une blague.

Le 7 mars avait eu lieu le procès tant attendu dans une salle comble comme vous pouvez le constater à travers ce lien. tout à l'heure la décision du juge devra tomber et c'est avec une certaine impatience que je serai curieux de savoir quelle décision sera prise.

vendredi 19 septembre 2008

Ce n'est pas un voyou et pourtant

Parce que "c’est la somme de nos petits silences et de nos petites lâchetés qui peut conduire à une démission collective et en dernier recours aux pires systèmes totalitaires"






Je m’appelle Patrick Mohr




Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, metteur en scène et auteur à Genève. Je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, je co-dirige lethéâtre de la Parfumerie et m’occupe également du festival "De bouche à oreille".
Dans le cadre de mes activités artistiques, je viens régulièrement au festival d’Avignon pour y découvrir des spectacles: du " in " et du "off ". Notre compagnie s’y est d’ailleurs produite à trois reprises.
Cette année, je suis arrivé dans la région depuis le 10 juillet et j’ai assisté à de nombreux spectacles.
Le Lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille et trois de ses camarades d’une représentation d’une pièce très dure sur la guerre en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à l’ombre du Palais des Papes,en assistant avec plaisir à un spectacle donné par un couple d’acrobates.
A la fin de leur numéro, je m’avance pour mettre une pièce dans leur chapeau lorsque j’entends le son d’un Djembé (tambour africain) derrière moi. Etant passionné par la culture africaine. (J’ ai monté plusieurs spectacles et ai eu l’occasion de faire des tournées en Afrique). Je m’apprête à écouter les musiciens. Le percussionniste est rejoint par un joueur de Kamele Ngoni (Sorte de contrebasse surtout utilisée par les chasseurs en Afrique de l’Ouest ).
A peine commencent-ils à jouer, qu’un groupe de C.R.S se dirige vers eux pour les interrompre et contrôler leur identité. Contrarié, je me décide à intervenir.
Ayant déjà subi des violences policières dans le même type de circonstances il y a une vingtaine d’année à Paris, je me suis adressé à eux avec calme et politesse. Le souvenir de ma précédente mésaventure bien en tête. Mais je me suis dit que j’étais plus âgé, que l’on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une démocratie et que j’avais le droit de m’exprimer face à ce qui me semblait une injustice.
J’aborde donc un des C.R.S et lui demande :
« Pourquoi contrôler vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place? »
Réponse immédiate.
« Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regardes!
« Justement ça me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire.
»Regard incrédule. « Tes papiers ! »
« Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture. »
« Mets-lui les menottes ! »
« Mais vous n’avez pas le droit de… »
Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres.
« Tu vas voir si on n’a pas le droit.»
Et brusquement la scène a dérapé. Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe. Mon amie, ma fille, ses camarades et les curieux qui assistaient à la scène ont reculé choqués alors qu’ils me projetaient au sol, me plaquaient la tête contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forces les bras en arrière comme un poulet désarticulé et m’enfilaient des menottes. Les bras dans le dos, ils m’ont relevé et m’ont jeté en avant en me retenant par la chaîne. La menotte gauche m’a tordu le poignet et a pénétré profondément mes chairs. J’ai hurlé :
« Vous n’avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras ! »
« Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Sur le dos ! Sur le ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arrête de gémir ! »
Et ils me frottent la tête contre les pavés me tordent et me frappent, me traînent, me re-plaquent à terre. La foule horrifiée s’écarte sur notre passage. Mon amie essaie de me venir en aide et se fait violemment repousser. Des gens s’indignent,sifflent, mais personne n’ose interrompre cette interpellation d’une violence inouïe. Je suis traîné au sol et malmené jusqu’à leur fourgonnette qui se trouve à la place de l’horloge 500 m . plus bas. Là, ils me jettent dans le véhicule, je tente de m’asseoir et le plus grand de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), me donne un coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre, il me plaque un pied sur les côtes et l’autre sur la cheville il appuie de tout son poids contre une barre de fer.
« S’il vous plait, n’appuyez pas comme ça, vous me coupez la circulation. »
« C’est pour ta sécurité. »
Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu’au commissariat de St Roch.Le trajet est court mais il me semble interminable. Tout mon corps est meurtri, j’ai l’impression d’avoir le poignet brisé, les épaules démises, je mange la poussière. On m’extrait du fourgon toujours avec autant de délicatesse. Je vous passe les détails de l’interrogatoire> que j’ai subi dans un état lamentable. Je me souviens seulement du maquillage bleu sur les paupières de la femme qui posait les questions.
« Vous êtes de quelle nationalité ? »
« Suisse. »
« Vous êtes un sacré fouteur de merde »
« Vous n’avez pas le droit de m’insulter »
« C’est pas une insulte, la merde » (Petit rire.)
C’est fou comme la mémoire fonctionne bien quand on subit de pareilles agressions. Toutes les paroles, tout les détails de cette arrestation et de ma garde à vue resterons gravés à vie dans mes souvenirs, comme la douleur des coups subits dans ma chair. Je remarque que l’on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes des CRS. Mais la violence physique a seulement fait place au mépris et à une forme d’inhumanité plus sournoise. Je demande que l’on m’ôte les menottes qui m’ont douloureusement entaillé les poignets et que l’on appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j’aurais mieux fait de réfléchir avant de faire un scandale. Je tente de protester, on me coupe immédiatement la parole. Je comprends qu’ici on ne peut pas s’exprimer librement. Ils font volontairement traîner avant de m’enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les clés. Je ne sens plus ma main droite. Fouille intégrale. On me retire ce que j’ai, bref inventaire, le tout est mis dans une petite boîte.
« Enlevez vos vêtements ! »
J’ai tellement mal que je n’y arrive presque pas.
« Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire. La boucle d’oreille ! »
J’essaye de l’ôter sans y parvenir.
« Je ne l’ai pas enlevée depuis des années. Elle n’a plus de fermoir. »
« Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l’enlever, c’est tout ! »
Je force en tirant sur le lob de l’oreille, la boucle lâche.
« Baissez la culotte ! »
Je m’exécute. Après la fouille ils m’amènent dans une petite cellule de garde à vue. 4m de long par 2m de large. Une petite couchette beige vissée au mur. Les parois sont taguées, grattées par les inscriptions griffonnées à la hâte par les détenus de passage. Au briquet ou gravé avec les ongles dans le crépis. Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid…… chacun laisse sa marque L’attente commence. Pas d’eau, pas de nourriture. Je réclame en vain de la glace pour faire désenfler mon bras. Les murs et le sol sont souillés de tâches de sang, d’urine et d’excréments. Un méchant néon est allumé en permanence. Le temps s’étire. Rien ici qui permette de distinguer le jour de la nuit. La douleur lancinante m’empêche de dormir. J’ai l’impression d’avoir le cœur qui pulse dans ma main. D’ailleurs alors que j’écris ces lignes une semaine plus tard, je ne parviens toujours pas à dormir normalement. J’écris tout cela en détails, non pas pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m’est arrivé est tristement banal, que plusieurs fois par jours et par nuits dans chaque ville de France des dizaines de personnes subissent des traitements bien pires que ce que j’ai enduré. Je sais aussi que si j’étais noir ou arabe je me serais fait cogner avec encore moins de retenue. C’est pour cela que j’écris et porte plainte. Car j’estime que dans la police française et dans les CRS en particulier il existe de dangereux individus qui sous le couvert de l’uniforme laissent libre cour à leurs plus bas instincts. (Evidement il y a aussi des arrestations justifiées, et la police ne fait pas que des interventions abusives. Mais je parle des dérapages qui me semblent beaucoup trop fréquents.) Que ces dangers publics sévissent en toute impunité au sein d’un service public qui serait censé protéger les citoyens est inadmissible dans un état de droit. J’ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu’un de profondément non violent, par conviction, ce type de mésaventure me renforce encore dans mes convictions, mais si je ne disposais pas des outils pour analyser la situation je pourrais aisément basculer dans la violence et l’envie de vengeance. Je suis persuadé que ce type d’action de la police nationale visant à instaurer la peur ne fait qu’augmenter l’insécurité en France et stimuler la suspicion et la haine d’une partie de la population (Des jeunes en particulier.) face à la Police. En polarisant ainsi la population on crée une tension perpétuelle extrêmement perverse.Comme je suis un homme de culture et de communication je réponds à cetteviolence avec mes armes. L’écriture et la parole. Durant les 16h qu’a duré ma détention. (Avec les nouvelles lois, on aurait même pu me garder 48h en garde à vue.) Je n’ai vu dans les cellules que des gens d’origine africaine et des gitans. Nous étions tous traité avec un mépris hallucinant. Un exemple, mon voisin de cellule avait besoin d’aller aux toilettes. Il appelait sans relâche depuis près d’une demi heure, personne ne venait. Il s’est mis à taper contre la porte pour se faire entendre, personne. Il cognait de plus en plus fort, finalement un gardien exaspéré surgit.
»Qu’est ce qu’il y a ? »
« J’ai besoin d’aller aux chiottes. »
« Y a une coupure d’eau.
» Mais j’ai besoin. »
« Y a pas d’eau dans tout le commissariat, alors tu te la coince pigé.»
Mon voisin qui n’est pas seul dans sa cellule continue de se plaindre, disant qu’il est malade, qu’il va faire ses besoins dans la cellule.
« Si tu fais ça on te fait essuyer avec ton t-shirt. »
Les coups redoublent. Une voix féminine lance d’un air moqueur.
« Vas-y avec la tête pendant que tu y et ça nous en fera un de moins. »
Eclats de rire dans le couloir comme si elle avait fait une bonne plaisanterie. Après une nuit blanche vers 9h du matin on vient me chercher pour prendre mon empreinte et faire ma photo. Face, profil, avec un petit écriteau, comme dans les films. La dame qui s’occupe de cela est la première personne qui me parle avec humanité et un peu de compassion depuis le début de ce cauchemar.
« Hee bien, ils vous ont pas raté.C’est les CRS, ha bien sur. Faut dire qu’on a aussi des sacrés cas sociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ça. »
J’aimerais la croire. Un officier vient me chercher pour que je dépose ma version des faits et me faire connaître celle de ceux qui m’ont interpellé. J’apprends que je suis poursuivi pour : outrage, incitation à l’émeute et violence envers des dépositaires de l’autorité publique. C’est vraiment le comble. Je les aurais soi disant agressés verbalement et physiquement. Comment ces fonctionnaires assermentés peuvent ils mentir aussi éhontement ? Je raconte ma version des faits à l’officier. Je sens que sans vouloir l’admettre devant moi, il se rend compte qu’ils ont commis une gaffe. Ma déposition est transmise au procureur et vers midi je suis finalement libéré. J’erre dans la ville comme un boxeur sonné. Je marche péniblement. Un mistral à décorner les bœufs souffle sur la ville. Je trouve un avocat qui me dit d’aller tout de suite à l’hôpital faire un constat médical. Je marche longuement pour parvenir aux urgences ou je patiente plus de 4 heures pour recevoir des soins hâtifs. Dans la salle d’attente, je lis un journal qui m’apprend que le gouvernement veut supprimer 200 hôpitaux dans le pays, on parle de couper 6000 emplois> dans l’éducation. Sur la façade du commissariat de St Roch j’ai pu lire qu’il allait être rénové pour 19 millions d’Euros. Les budgets de la sécurité sont à la hausse, on diminue la santé, le social et l’éducation. Pas de commentaires. Je n’écris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon indignation face à un système qui tolère ce type de violence. Sans doute> suis-je naïf de m’indigner. La plupart des Français auxquels j’ai raconté cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d’autant plus choquant. Ma naïveté, je la revendique, comme je revendique le droit de m’indigner face à l’injustice. Même si cela peut paraître de petites injustices. C’est la somme de nos petits silences et de nos petites lâchetés qui peut conduire à une démission collective et en dernier recours aux pires systèmes totalitaires. (Nous n’en sommes bien évidement heureusement pas encore là.) Depuis ma sortie, nous sommes retournés sur la place de papes et nous avons réussi à trouver une douzaine de témoins qui ont accepté d’écrire leur version des faits qui corroborent tous ce que j’ai dis. Ils certifient tous que je n’ai proféré aucunes insultes ni n’ai commis aucune violence. Les témoignages soulignent l’incroyable brutalité de l’intervention des CRS et la totale disproportion de leur réaction face à mon intervention. J’ai essayé de retrouver des images des faits, mais malheureusement les caméras qui surveillent la place sont gérées par la police et, comme par hasard elles sont en panne depuis début juillet. Il y avait des centaines de personnes sur la place qui auraient pu témoigner, mais le temps de sortir de garde à vue, de me faire soigner et de récupérer suffisamment d’énergie pour pouvoir tenter de les retrouver. Je n’ai pu en rassembler qu’une douzaine. J’espère toujours que peut être quelqu’un ai photographié ou même filmé la scène et que je parvienne à récupérer ces images qui prouveraient de manière définitive ce qui c’est passé. Après 5 jours soudain, un monsieur africain m’a abordé, c’était l’un des musiciens qui avait été interpellé. Il était tout content de me retrouver car il me cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait mal de n’avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me remercier d’être intervenu en leur faveur. Il était profondément touché et surpris par mon intervention et m’a dit qu’il habitait Grenoble, qu’il avait 3 enfants et qu’il était français. Qu’il viendrait témoigner pour moi, qu’il s’appelait Moussa Sanou.
« Sanou , c’est un nom de l’ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ? »
« Oui. »
Nous nous sommes sourit et je l’ai salué dans sa langue en Dioula. Il se trouve que je vais justement créer un spectacle prochainement à Bobo-Dioulasso au Burkina-faso. La pièce qui est une adaptation de nouvelles de l’auteur Mozambicain Mia Couto s’appellera « Chaque homme est une race » et un des artistes avec lequel je vais collaborer se nomme justement Sanou. Coïncidence ? Je ne crois pas. Je suis content d’avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas encore. La pièce commence par ce dialogue prémonitoire. Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit :
« Ma race c’est moi. »
Invité à s’expliquer il ajouta
« Ma race c’est celui que je suis. Toute personne est à elle seule une humanité. Chaque homme est une race, monsieur le policier. »


Patrick Mohr, 28 juillet 2008