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mardi 1 novembre 2011

1 novembre 1954

Le 1er novembre 1954 en perspective : causes et conséquences d’un événement

'extrait'  
Du côté français, chez la plupart des hommes politiques et dans la plupart des journaux, en métropole comme en Algérie, le déclenchement de troubles contre l’ordre établi en Algérie avait d’abord été ressenti comme le résultat d’un complot subversif, échafaudé au Caire par les services secrets égyptiens utilisant des agents recrutés en Algérie, dont Ben Bella, partisan fidèle du colonel Nasser, était désigné comme le chef.
La suite de l'article ici



1er novembre 1954. Un peu après minuit, des bombes explosent à Alger. Dans l'Aurès, l'instituteur Monnerot et un caïd local sont abattus par des fellagas. Il ne s'agit pas d'une simple flambée de banditisme. Même si elle ne fait «que» sept morts, la «Toussaint rouge» marque le début d'une longue et douloureuse épreuve pour la France: la guerre d'Algérie. 

 A lire:   http://www.lexpress.fr/informations/alger-1er-novembre-1954-0-h-50-l-express-va-plus-loin-avec-jean-vaujour_600194.html

 

Appel au peuple algérien

Texte intégral du premier appel adressé par

le Secrétariat général du Front de libération nationale

au peuple algérien

le 1er Novembre 1954


PEUPLE ALGÉRIEN,
MILITANTS DE LA CAUSE NATIONALE,
A vous qui êtes appelés à nous juger (le premier d’une façon générale, les seconds tout particulièrement), notre souci en diffusant la présente proclamation est de vous éclairer sur les raisons profondes qui nous ont poussés à agir en vous exposant notre programme, le sens de notre action, le bien-fondé de nos vues dont le but demeure l’indépendance nationale dans le cadre nord-africain. Notre désir aussi est de vous éviter la confusion que pourraient entretenir l’impérialisme et ses agents administratifs et autres politicailleurs véreux.
Nous considérons avant tout qu’après des décades de lutte, le mouvement national a atteint sa phase de réalisation. En effet, le but d’un mouvement révolutionnaire étant de créer toutes les conditions d’une action libératrice, nous estimons que, sous ses aspects internes, le peuple est uni derrière le mot d’ordre d’indépendance et d’action et, sous les aspects extérieurs, le climat de détente est favorable pour le règlement  des problèmes mineurs, dont le nôtre, avec surtout l’appui diplomatique de nos frères arabo-musulmans. Les événements du Maroc et de Tunisie sont à ce sujet significatifs et marquent profondément le processus de la lutte de libération de l’Afrique du Nord. A noter dans ce domaine que nous avons depuis fort longtemps été les précurseurs de l’unité dans l’action, malheureusement jamais réalisée entre les trois pays.
Aujourd’hui, les uns et les autres sont engagés résolument dans cette voie, et nous, relégués à l’arrière, nous subissons le sort de ceux qui sont dépassés. C’est ainsi que notre mouvement national, terrassé par des années d’immobilisme et de routine, mal orienté, privé du soutien indispensable de l’opinion populaire, dépassé par les événements, se désagrège progressivement à la grande satisfaction du colonialisme qui croit avoir remporté la plus grande victoire de sa lutte contre l’avant-garde algérienne.
L’HEURE EST GRAVE ! 
Devant cette situation qui risque de devenir irréparable, une équipe de jeunes responsables et militants conscients, ralliant autour d’elle la majorités des éléments encore sains et décidés, a jugé le moment venu de sortir le mouvement national de l’impasse où l’ont acculé les luttes de personnes et d’influence, pour le lancer aux côtés des frères marocains et tunisiens dans la véritable lutte révolutionnaire.
Nous tenons à cet effet à préciser que nous sommes indépendants des deux clans qui se disputent le pouvoir. Plaçant l’intérêt national au-dessus de toutes les considérations mesquines et erronées de personnes et prestige, conformément aux principes révolutionnaires, notre action est dirigée uniquement contre le colonialisme, seul ennemi et aveugle, qui s’est toujours refusé à accorder la moindre liberté par des moyens de lutte pacifique.
Ce sont là, nous pensons, des raisons suffisantes qui font que notre mouvement de rénovation se présente sous l’étiquette de FRONT DE LIBÉRATION NATIONALE, se dégageant ainsi de toutes les compromissions possibles et offrant la possibilité à tous les patriotes algériens de toutes les couches sociales, de tous les partis et mouvements purement algériens,  de s’intégrer dans la lutte de libération sans aucune autre considération.
Pour préciser,   nous retraçons ci-après, les grandes lignes de notre programme politique :
BUT : L’Indépendance nationale par :
1) La restauration de l’Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques.
2) Le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions.
OBJECTIFS INTÉRIEURS:
1) Assainissement politique par la remise du mouvement national révolutionnaire dans sa véritable voie et par l’anéantissement de tous les vestiges de corruption et de réformisme, cause de notre régression actuelle.
2) Rassemblement et organisation de toutes les énergies saines du peuple algérien pour la liquidation du système colonial. 
OBJECTIFS EXTÉRIEURS:
-      Internationalisation du problème algérien.
-      Réalisation de l’Unité nord-africaine dans le cadre naturel arabo-musulman.
-     Dans le cadre de la charte des Nations Unies, affirmation de notre sympathie à l’égard de toutes nations qui appuieraient notre action libératrice.
 MOYENS DE LUTTE :
Conformément aux principes révolutionnaires et compte tenu des situations intérieure et extérieure, la continuation de la lutte  par tous les moyens jusqu’à la réalisation de notre but.
Pour parvenir à ces fins, le Front de libération  nationale aura deux tâches essentielles à mener de front et simultanément : une action intérieure tant sur le plan politique que sur le plan de l’action propre, et une action extérieure en vue de faire du problème algérien une réalité pour le monde entier avec l’appui de tous nos alliés naturels.
C’est là une tâche écrasante qui nécessite la mobilisation de toutes les énergies et toutes les ressources nationales. Il est vrai, la lutte sera longue mais l’issue est certaine.
En dernier lieu, afin d’éviter les fausses interprétations et les faux-fuyants, pour prouver notre désir de paix, limiter les pertes en vies humains et les effusions de sang, nous avançons une plate-forme honorable de discussion aux autorités françaises si ces dernières sont animées de bonne foi et reconnaissent une fois pour toutes aux peuples qu’elles subjuguent le droit de disposer d’eux-mêmes.
1) La reconnaissance de la nationalité algérienne par une déclaration officielle abrogeant les édits, décrets et lois faisant de l’Algérie une terre française en déni de l’histoire, de la géographie, de la langue, de la religion et des mœurs du peuple algérien.
2) l’ouverture des négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté algérienne, une et indivisible.
3) La création d’un climat de confiance par la libération de tous les détenus politiques, la levée de toutes les mesures d’exception et l’arrêt de toute poursuite contre les forces combattantes.
EN CONTREPARTIE :
1) Les intérêts français, culturels et économiques, honnêtement acquis, seront respectés ainsi que les personnes et les familles.
2) Tous les français désirant rester en Algérie auront le choix entre leur nationalité et seront de ce fait considérés comme étrangers vis-à-vis des lois en vigueur ou opteront pour la nationalité algérienne et, dans ce cas, seront considérés comme tels en droits et en devoirs.
3) Les liens entre la France et l’Algérie seront définis et feront l’objet d’un accord entre les deux puissances sur la base de l’égalité et du respect de chacun.
Algérien ! nous t’invitons à méditer notre charte ci-dessus. Ton devoir est de t’y associer pour sauver notre pays et lui rendre sa liberté ; le Front de libération nationale est ton front, sa victoire est la tienne.
Quant à nous, résolus à poursuivre la lutte, sûrs de tes sentiments anti-impérialistes, nous donnons le meilleur de nous-mêmes à la patrie.
1er Novembre 1954
Le Secrétariat national

 Pour vous documenter , un lien à voir ici

 

Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad Didouche et Mohamed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à droite.

 https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000036/les-evenements-d-algerie-en-novembre-1954.htm

vendredi 7 mai 2010

Je suis un deserteur


J'ai mis cet article en ligne parce qu'il est rare d'avoir le témoignage en direct de deserteurs français de la guerre d'Algérie. Nous aurons à Lyon la chance de pouvoir assister à un débat auquel je vous invite tous à y participer au nom de la mémoire.



Au “non” de Vinci (Algérie – 2005 / 52' / VO)
de Menad M'Barek


Jeudi 20 Mai :: 19h30 en présence de Claude Vinci (qui a déserté pendant la Guerre d'Algérie et a apporté son aide à la Fédération de France du Front de Libération Nationale)

au CCO-Jean-Pierre Lachaise , 39 rue Georges Courteline à villeurbanne






En 1956, Claude Vinci chante dans des cabarets parisiens quand il est appelé sous les drapeaux et mobilisé pour la guerre d' Algérie.
Après quelques jours, il découvre la réalité de la « pacification » en assistant à un massacre sur les hauteurs des Bibans en Kabylie orientale.
Le soir même, il déserte. Résistant dès l'âge de 13 ans avec ses parents dans le Berry, il a la ferme conviction qu' "on ne peut être que du côté des opprimés".
Auteur-chanteur dans la vie civile et ami de Yves Montand et de Simone Signoret, il se réfugie chez eux à Auteuil avant de prendre part aux activités de la Fédération de France du FLN (Front de Libération National), comme «porteur de valise». Il organise, en Février 1962, l'évasion de 13 militants de la FF FLN de la prison de Fresnes.

Réalisé à partir d’interviews et de documents d’archives, ce film est né de la rencontre de Menad M’Barek avec Claude Vinci lors d’un atelier-mémoire en Bretagne.
«J’ai fait ce film en bonne partie pour Claude Vinci lui-même, comme preuve de reconnaissance et d’amitié à ce «grand frère». Ce film je l’ai réalisé avec des dettes; mais notre dette envers cet homme est plus importante», Menad M’Barek.

Menad M'Barek est né en Algérie où il vit. Acteur, réalisateur, enseignant, il est aussi responsable associatif.
Il a réalisé, entre autre, “Les balles de la haine”(2001).
"Au non de Vinci" a reçu le Prix d'encouragement au Festival Culturel National du Cinéma Amazigh en 2007.

plus de détails en cliquant sur ce lien ici

samedi 6 septembre 2008

REPARATION DES TORTS DE LA COLONISATION:la mauvaise conscience de la France.








Nicolas Sarkozy refuse d'assumer le passé colonial de son pays. Comme si l'histoire de la France ne commence qu'avec son accession au pouvoir, le président Sarkozy semble vouloir effacer d'un coup de baguette magique cette page sombre pour les pays africains victimes d'une prétendue mission civilisatrice. Mais il est impossible d'écrire l'histoire selon ses humeurs. Celle de la colonisation est là, têtue.

L'Italie de Silvio Berlusconi aurait pu avancer les mêmes arguments que la France, à savoir qu'elle n'est en rien responsable du fait colonial, pour refuser l'arrangement conclu avec la Libye. Mais parce que les dirigeants actuels à Rome ont le sens de la continuité de l'Etat, ils ont pris leur courage à deux mains pour réparer les torts commis par leurs prédécesseurs.

Comme rongée par une sorte de remords, la France s'est empressée de minimiser l'acte posé par l'Italie. Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, a en effet affirmé que le geste de l'Italie n'est "ni un précédent, ni une référence". On comprend cette frilosité de la France quand il s'agit de son passé colonial. Si le pays en était arrivé à vouloir adopter une loi vantant le "rôle positif" de la colonisation, c'est qu'il renie son passé douloureux. Les Français sont-ils également prêts à rejeter, dans les poubelles de la mémoire, les grands penseurs qui ont fait sa gloire?

Autant les valeurs d'humanisme portées par les philosophes du siècle des Lumières sont bonnes à vanter dans les universités les plus prestigieuses et brandies comme un héritage glorieux de la France, autant la période coloniale doit être assumée. Ce sont les deux faces d'une même médaille.

La rupture sarkozienne aurait pu cependant s'exprimer positivement dans ce dossier. Au lieu de continuer à vouloir cacher le soleil avec la main, en excluant l'idée même de repentance, la France serait rentrée dans l'histoire si elle reconnaissait le drame de son entreprise coloniale. Aimé césaire, le poète martiniquais, devrait d'ailleurs être relu par les tenants du discours sur la non-repentance, pour se rafraîchir la mémoire et, peut-être, envisager d'expier ce grand péché qui entache la France des droits de l'Homme. L'équation de Césaire est simple: colonisation ¬= chosification.

Si donc, il est indécent de continuer à parler de "bienfaits" de la colonisation, il apparaît nécessaire de faire son introspection et d'en tirer les conclusions. Car il s'agit d'un fait grave, d'une "machine exploiteuse d'hommes et déshumanisante", selon les mots de Césaire. Que faire alors pour réparer cet incommensurable tort porté contre des peuples qui, depuis lors, ont du mal à s'en relever?

L'Algérie, qui est à la pointe du combat pour une reconnaissance de la barbarie de la colonisation, a jusque-là demandé la repentance. Occupée pendant plus de 130 ans, elle n'a dû son indépendance, en 1962, qu'à une guerre de libération très féroce. Elle sait donc ce que la colonisation lui a coûté. Mais même ce geste symbolique, la France rechigne à le faire, Nicolas Sarkozy ayant exclu toute idée de repentance. Elle préfère traîner avec elle la mauvaise conscience du drame colonial plutôt que d'y mettre fin par un acte fort.

Par Mahorou KANAZOE © Copyright Le Pays




Discours de Sarkozy du 7 février 2007, à Toulon. « Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation


Cessons de noircir le passé. L’Occident longtemps pécha par arrogance et par ignorance. Beaucoup de crimes et d’injustices furent commis. Mais la plupart de ceux qui partirent vers le Sud n’étaient ni des monstres ni des exploiteurs. Beaucoup mirent leur énergie à construire des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux. Beaucoup s’épuisèrent à cultiver un bout de terre ingrat que nul avant n’eux n’avait cultivé. Beaucoup ne partirent que pour soigner, pour enseigner. On peut désapprouver la colonisation avec les valeurs qui sont les nôtres aujourd’hui. Mais on doit respecter les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont pensé de bonne foi œuvrer utilement pour un idéal de civilisation auquel ils croyaient. Il faut respecter ces milliers d’hommes et de femmes qui toute leur vie se sont donné du mal pour gagner par eux-mêmes de quoi élever leurs enfants sans jamais exploiter personne et qui ont tout perdu parce qu’on les a chassés d’une terre où ils avaient acquis par leur travail le droit de vivre en paix, une terre qu’ils aimaient, parmi une population à laquelle les unissait un lien fraternel.
Je veux le dire à tous les adeptes de la repentance qui refont l’histoire et qui jugent les hommes d’hier sans se soucier des conditions dans lesquelles ils vivaient, ni de ce qu’ils éprouvaient.
Je veux leur dire : de quel droit les jugez vous ?"