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vendredi 13 janvier 2012

Meeting de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe

Meeting de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe
Samedi 14 janvier, 14h30.
Bourse de travail de Paris
29, avenue du Temple



« Dégage ! »... et trois dictateurs en moins.

« Le peuple Veut ! »… du Caire à New-York en faisant le chemin de Damas.

«Dignité, Liberté, Egalité, Justice sociale»… du Yémen au Maroc.

Un an après, où l'on est ?

 

Prises de parole

InterCo, Inter-collectif de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe.

Tunisie : Front du 14 Janvier et le PCOT

Syrie : Comité de coordination de Paris

Egypte : Citoyens égyptiens de France

Maroc : M20F- IDF, Mouvement du 20 février Ile-de-France

Yémen : Les jeunes de la révolution du Yémen en France

Algérie : ACDA, Association pour le Changement Démocratique en Algérie

Palestine : Forum Palestine citoyenneté

Chants et danses

Groupe Samsa et Raja al-Khomsi (Tunisie)

Hala Omran, Mouneïm Adwane et une partie du groupe El-Thourath (Syrie)

Ghassan El hakim (Maroc)

Hicham Gad (Egypte)

Amer Abdallah (Yémen)

Ahmad Dari et Abeer, danse folklorique palestinienne "Dabkeh"

Lecture des messages de soutien des associations, syndicats et partis politiques

 

Liste des organisations membres de l’InterCo :

Collectifs et associations représentants les différents pays du monde arabe :

·         Mvt 20 - IDF, Mouvement du 20 février Ile-de-France (Maroc)

·         ACDA, Association pour le Changement Démocratique en Algérie

·         Front du 14 Janvier – Paris (Tunisie)

·         PCOT, Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie.

·         Association Le Manifeste du 20 mars (Tunisie)

·         Comité de solidarité avec la lutte du Peuple Égyptien (Égypte)

·         Association des jeunes du 25 Janvier (Égypte)

·         Forum Palestine Citoyenneté

·         Association SouriaHouria (Syrie)

·         Collectif Urgence Syrie

·         Collectif du 15 Mars pour la démocratie en Syrie

·         Déclaration de Damas

·         Association Les Jeunes du Bahreïn (Bahreïn)

·         Association des jeunes de la révolution du Yémen à Paris

·         Forum citoyenneté monde arabe

 

Associations de l’immigration et des droits de l’homme :

·         ATMF, Association des Travailleurs Maghrébins en France

·         AMF, Association des Marocains en France

·         FCTR, Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives

·         UTIT, Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens

·         ASDHOM, Association des Droits de l’Homme au Maroc

·         Vérité et Justice Pour l’Algérie



Associations, syndicats et partis politiques :

·         ATTAC, Association pour la Taxation des Transactions financières et l’Action Citoyenne

·         Sortir du colonialisme

·         Union syndicale Solidaires (SUD)

·         PCF, Parti Communiste Français

·         EELV, Europe-Ecologie Les Verts

·         NPA, Nouveau Parti Anticapitaliste

·         FASE, Fédération pour une Alternative Socialiste et Écologique

·         PG, Parti de Gauche

lundi 19 décembre 2011

café littéraire Arts Dreams: retour de conférence

Je vous avais parlé de l'évènement ici et le public était à la hauteur de l'évènement. La petite salle de l'association Arts Dreams affichait complet et après le généreux accueil avec pâtisseries et thé, les choses sérieuses pointèrent à l'heure exact. Les débats se poursuivirent ensuite avec un échange nourri entre Nawel Bab-Hame et des journalistes Palestiniens 'Euro News présents dans la salle tantôt en français, tantôt en arabe.

 Rappel du programme qui a été suivi

18H30 : Rencontre entre les participants  autour d’un verre, présentation du projet « café littéraire arabophone »
 
19h30:  Rétrospective du Printemps arabe présenter par Tahar Houhou, (ingénieur en informatique, citoyen du monde , élu au congres des peuples).
 
20h00 :  Réflexions sur les causes de la liberté et de la Laïcité dans le monde arabe,  Avec Nawel Bab-Hamed,
(diplômée en Histoire et civilisation du monde arabe musulman et sémitique, déléguée à la culture de la mairie du 1er).
 
20h30 :  Un temps musical avec l'artiste syrien Hassan Abed el Rahman
 
Petite pause autour d’un verre
 
21h15 : Témoignages de personnes ayant vécu de près les événements
 
21h30 : La politique européenne envers le monde arabe proposer par Nawel Bab-Hamed, suivie d'un échange avec les participants

22H30: Lecture de poèmes arabe ," textes d’auteurs politiques" accompagnée de la musique.






 Compte rendu café littéraire arabophone… 17 Décembre 2011 :
Le printemps arabe : de la volonté à la liberté…


La première intervention fut celle de Tahar Houhou, ingénieur informatique mais également engagé dans diverses causes, notamment pour la défense du peuple syrien. Il nous présenta une rétrospective des évènements du printemps arabe à travers la présentation de vidéos sur la Tunisie ainsi que sur la Syrie. Ces vidéos, pour certaines troublantes, nous montraient les moments forts de ces révolutions, notamment la vidéo d’une femme tunisienne qui crie dans la rue, dénonçant la corruption, un cri de soulagement suite à la chute du dictateur.

Par la suite, Nawal Bab-Hamed, diplômée en Histoire et civilisation du monde arabe musulman et sémitique de Lyon II et la MMSH (Aix en Provence), actuellement attachée à la culture à la mairie du 1er arrondissement, nous a présenté les enjeux de la laïcité dans le monde arabe à travers un rappel historique, nous montrant que le concept de laïcité n’est pas inconnu à l’histoire arabo-musulmane.  La liberté pour elle est un concept large qu’il faut toujours précisé, de quelle liberté parle-t-on ? Elle estime également qu’il est difficile d’imaginer une démocratie sans laïcité. Elle nous a présenté une réflexion à travers ces deux concepts.
Est ensuite venu le temps de la détente. Avant de prendre une petite pause, le musicien syrien Hassan Abd Rahman nous a chanté deux chansons, accompagnant sa magnifique voix du son de son ‘oud.  Ce musicien syrien est né à Damas en 1962, opposant au régime, il fut prisonnier politique en Syrie. Il milite activement aujourd’hui pour la défense du peuple syrien.

Nous avons ensuite pris une pause pendant laquelle nous avons pu boire, manger, fumer, mais aussi échanger autour des interventions des participants.
Après la pause, Dénia, Etudiante en 4ème année à l’institut d’Etudes Politiques de Lyon,  nous a parlé de son expérience personnelle de la révolution égyptienne, ainsi que des difficultés auxquelles sont confrontés les égyptiens aujourd’hui.

Nawal Bab Hamed est ensuite intervenue de nouveau en fin de soirée afin de nous présenter la politique européenne envers le monde arabe. A travers son exposé, elle a mis en parallèle les politiques européennes en matière économique et celles en matière des droits de l’homme, nous montrant l’incohérence des politiques européennes envers ses pays-là. Elle a également présenté les enjeux économiques qui ont sous-tendus l’intervention de l’Otan en Libye, dénonçant cette intervention au passage.
Et nous avons finir cette soirée des lecture de poème  politiques proposer par  khaled et mohmed




Voici une vidéo qui vous donne un aperçu des discussions. des photos suivront.








Voici pour ceux à qui ça intéresserait les textes de Mme Nawel Bab -Hamed

Nawel BAB‐HAMED/// diplômée en histoire et civilisation du monde arabe musulman et sémitique – Lyon II et MMSH Aix en Provence///contribution février 2011

Laïcité dans le monde arabe : n’immolons pas l’histoire Liberté. C’est le mot qui a mis à l’unisson les ramages populaires des pays arabes. Liberté politique ? Liberté de conscience ? Liberté de pensée ? Liberté individuelle ? Liberté collective. Cette réflexion continue à faire couler de l’encre, de la salive et du sang.
Liberté. C’est le mot qui risque aujourd’hui de tomber en proie des renards. Un risque de
confiscation des révoltes des peuples arabes qui aspirent, simultanément et dans l’urgence,
à se redéfinir et à redéfinir les batailles pour lesquelles ils s’engagent.
Ces révoltes s’inscrivent dans une construction mondiale où les rôles tenus par les dirigeants
sont de plus en plus nombreux, complexes et interdépendants, quelque soit l’endroit où l’on
se situe. Elles s’inscrivent dans un cadre régi par la peur de perdre l’hégémonie pour
certains, la peur de perdre l’intégrité, la dignité voire la vie pour d’autres. Elles s’inscrivent dans la peur des néo‐colonialismes qui génère ainsi la peur de l’ingérence intellectuelle allant jusqu’à diaboliser certaines valeurs (démocratie, laïcité, féminisme…etc.), voire radicaliser à la violence les identités individuelles et collectives (xénophobies, attentats criminels, immolation). Elles s’inscrivent aussi dans l’échec d’au moins des deux grands régimes: un communisme marqué par la dictature et un capitalisme marqué par les profits privés colossaux au dépens de millions de vie humaines. Dans ce processus de quête de nouveaux régimes, une troisième voie attise depuis quelques années les soulèvements: un ordre religieux. Le 11 septembre 2001 a bouleversé et radicalisé la lecture du monde politique. En Europe, des revendications des Partis Populaires Européens (PPE) se succèdent depuis quelques années pour inscrire l'héritage chrétien dans la constitution européenne.
L’Etat d’Israël, plus récemment, en prime du nième rejet des accords de 67, a exigé la
reconnaissance institutionnelle de son identité religieuse juive. En France, le chantier de
révision de la loi 1905, tend à redéfinir la laïcité par le prisme de l’immigration musulmane.
Dans cette configuration mondiale, les citoyens arabes acclament la démocratie et la liberté, mais timidement voire plus du tout la Laïcité. Ce point cristallise plusieurs questions: est‐elle un produit importé directement des ennemis de l’islam comme le clament les courants politico‐musulmans pour la disqualifier ? S'agit‐il d'une adoption (copie) ou d’une adaptation (racine historique) de précédentes expériences ? Faut‐il réinventer un autre concept à repartager massivement pour un nouvel ordre ? Après l’ingérence physique,
quelle frontière contre l’ingérence intellectuelle ?...etc.
Face à l’usage abusif de l’histoire courte et sélective dont les conséquences peuvent être
aussi graves qu’une bombe nucléaire, la matière historique, doit jouer son rôle de
production de sens afin de dépasser des stéréotypes parfois très anciens de sa propre
histoire et de l’histoire de l’autre.

En remontant au 9e siècle ‐période contemporaine de Charlemagne ‐ nous retrouvons en
Orient un bout d’histoire bourdonnant de progressisme pour l’époque. Deux siècles après la
formation des kharidjites en 657, des Chiites vers 660 (deux obédiences islamiques) naissent les Mutazilites : des neutralistes vis‐à‐vis des différents groupes musulmans, rassembleur, qui donnaient la primauté aux savoirs et aux débats, s’appuyant sur les religieux, non pas sur la religion. Cette autonomie par rapport aux courants en rivalité se traduisait en termes politiques et juridiques acheminant la logique et la philosophie au questionnement théologique. Sous ce courant, la philosophie fut très présente notamment avec la création de « maisons de la sagesse », qui accueillaient les esprits savants qui se nourrissaient de la philosophie grecque traduite, lue, étudiée et enseignée dans la perspective d'une synthèse à accomplir avec la pensée musulmane et l’échange avec leurs contemporains européens,chrétiens et juifs. Les mutazilites tentèrent de démontrer que la raison ne s’oppose pas systémiquement à la foi.
L’empire Abbasside (considéré comme l’âge d’or de la civilisation arabo‐musulmane donna trois califes mutazilites dès 827 qui régnèrent de l’inde au Maghreb. Ils ont marqué leur époque par les débats qu’ils soulevaient sur la nature du Coran, sa lecture allégorique ou littérale, le commanditaire du mal et du bien, la prédestination et le libre arbitre, l’existentialisme…etc.

A partir du 10e siècle, la déchéance (Mihna) des Mutazilites grandit à mesure que cette doctrine prenait un tournant totalisant et violent. La marginalité des Qarmates (ismaéliens revendiquant des régimes égalitaires et un partage plus juste des richesses) laissa place au Sunnisme qui s’institutionnalisa par opposition à celles‐ci. Aujourd’hui, leur histoire nousparvient principalement par leurs adversaires, leurs livres ayant été interdits et brûlés. Le 13e siècle marque la stagnation de l'ijtihad (l’effort intellectuel), une rupture aussi avec
l’évolution des sciences. S’ensuit, dans l’histoire, le déclin de l’empire Ottoman « l’homme
malade de l’Europe » au 19e siècle. Puis, au milieu du 19e siècle commence à apparaitre le
terme ‘ilmaniyya (laïcité), période également de la Nahda (la Renaissance arabe) pour plaider la cause d’une distinction entre pouvoirs religieux et civils « La religion est affaire de Dieu et la patrie nous concerne tous». Ce qui permit de rompre avec les régimes de sultanat ottoman (califat spirituel et politique de tous les musulmans).

A cette période, le mot ‘ilmaniyya accompagna la genèse de nouveaux concepts (tanwir/sortie de l’obscurantisme, hurriyya/ liberté) destinés à rattraper le retard sur les plans politique, administratif et intellectuel et rejoindre les idéaux de la révolution française de 1789 qui a secoué le monde à cette époque. Ce néologisme a suscité un fervent débat sur la remise du pouvoir aux modernistes, techniciens et scientifiques. Très rapidement, l’adjectif ‘ilmanî (laïque) devint synonyme de madanî (civil) et se substitua à lui pour devenir une sorte de prescription civile, qui ne tarda pas à cristalliser les enjeux de la Nahda : identité, nationalité, citoyenneté, appartenance à la Umma (la Nation)…etc. Ces expériences concrètes sont certes peu nombreuses et très différente dans la forme et dans la durée: il y a eu la Turquie et la Tunisie qui sont allées le plus loin sur cette piste, l’Iran à l’époque de Reza Khan, l’Egypte en temps que berceau et au moment où Gamal Abdel Nasser nationalisa le canal de Suez, l’Afghanistan, le Yémen du Sud puis les partis baasistes en Syrie et en Irak.
Mais à peine cette effervescence commençait et ces nouvelles sociétés germaient (genèse du panarabisme) qu’elles se sont noyées dans les bains de violences des premières et deuxièmes guerres mondiales, puis des protectorats ou des colonies. Le retour à l’islam institutionnel des pays nouvellement indépendants s’est fait sans prise en compte des réalités et des caractères propres à l'histoire mondiale en bouleversement, ce qui a conduit
progressivement au panislamisme. Il faut dire aussi que la réflexion sur la laïcité se construisait à la marge d’une société encore largement tribale, majoritairement analphabète, occupée, en grande majorité, par la survie plutôt que la vie.
Si les nouvelles forces politiques des pays arabes semblent vouloir replacer la démocratie au coeur des nouveaux projets de société, la liberté de pensée, y compris religieuse est inévitable et loin d’être secondaire. En prenant l’exemple de la Tunisie, la question de la laïcité semble être ajournée aussi par les partis politiques progressistes. Ils font le choix actuellement de jeter le bébé avec l’eau du bain, tandis que les islamistes, par le choix de leur nom (Ennahda), falsifient sciemment un référent collectif moderniste (Nahda arabe) tout en clamant que le Coran est leur constitution. En France, l’appellation Front National a subi le même sort avec la récupération du parti de l’extrême droite.`
La morale religieuse semble être vécue, aujourd’hui, comme vecteur fiable d’éthiques là où les hommes sont de plus en plus corruptibles et défaillants dans la construction d u vivre ensemble. L’éthique n’est plus partagée par des sociétés mais par des communautés, dans une même société, qui sont mises en concurrence. Les impérialismes de la raison suprême (argent, ethnie, religion, culture) soumettent les éthiques (avec lesquelles on argumente mais sur lesquelles on n’argumente pas) à rude rivalité, générant des défiances et des détournements pervers de certaines valeurs : l’exemple dominant est celui des chefs d'Etats occidentaux qui amalgament sciemment la défense des Droits de l’Homme avec la défense de leurs intérêts financiers privés de manière que leur politique ne soit jamais contestée.
Cette coercition économique habillée de charité humanitaire, non seulement pervertit ces
droits à visée progressiste mais aussi toute pensée qui semble venir tout droit de l’Occident.
Plus les régimes politique mettent à mal les valeurs du vivre ensemble et de liberté, plus la
morale religieuse prend des formes politiques.

Ce moment historique de bouillonnement simultané dans les quatre coins du monde nous oblige à repenser les combinaisons entre les valeurs progressistes défendues au delà des appartenances religieuses, ethniques et géographiques.
Tout défenseur de l’éthique devra veiller à combattre le totalitarisme de n’importe quelle thèse dont l’histoire des idées et des faits nous prouve la dangerosité.
Tout défenseur de l’éthique devra rompre avec la logique et le langage issus du 11 septembre, de part et d’autres et rompre avec une image binaire du monde, dans ce cadre, la guerre israëlo‐palestinienne est une question clé sur laquelle le positionnement doit être clair.

Tout défenseur de l’éthique devra se positionner sur la question du droit à l’ingérence et ses frontières avec la démarche humanitaire.

Tout défenseur de l’éthique devra réaffirmer qu’être contre une politique religieuse ne veut pas dire être contre une religion. Etre contre une politique religieuse c’est justement éviter de tomber dans une reconnaissance à géométrie variable des religions, la même qui a nourrit le débat sur le voile en 2004 et qui nourrit le débat sur la burqa aujourd’hui et sur la valorisation de l’identité chrétienne de l’Europe. Un des moyens d’en être garant est de ne pas hiérarchiser les appartenances citoyennes, religieuses, ethniques en réaffirmant qu’elles oeuvrent dans des champs différents et pas systématiquement complémentaires. Défendre cette position, ce n’est pas défendre une position liberticide de la laïcité, c’est au contraire, préserver de la perversion à la fois les religions et les politiques, perversion qui alimente l’injustice, la discrimination et qui génère de facto du communautarisme.

Enfin, Tout défenseur de l’éthique devra impérativement lier le progrès sociétal à la justice
sociale (emplois, salaires, logement, santé, éducation), condition sine qua non qui disposent les citoyens, dans un mouvement commun et synchronique, à s’approprier leur monde en mouvement.

"L'homme politique qui a besoin du secours de la religion pour gouverner n'est qu'un lâche. Or jamais un lâche ne devrait être investi des fonctions de chef de l'état" Mustafa Kemal Ataturk





2eme partie Nawel babe hamed  Le parfum de Jasmin '24/02/2011'
En ce début d’année 2011, dans le monde arabe, les graines germent. Une nouvelle Nahda (renaissance), comme le monde arabe n’en avait pas connue depuis le 19e siècle : rationalité, démocratie et partage de pouvoir, besoin unité, interprétation progressiste des textes religieux, égalité des citoyens et des genres... Plus d’un siècle plus tard, les
aspirations restent, identiques, à quelques évolutions près :
-Une onde de liberté part de la Tunisie et propage très largement jusqu’en Inde et en Chine.
-Le mouvement vient de la base, sans leaders, sans sommet, sans élites. Tous les acteurs structurés, comme l’opposition, les religieux ou les syndicats, ont été pris de court.

-Les manifestations ne se cantonnent pas aux lieux symboliques ou dans les capitales, elles se propagent dans la profondeur des zones rurales et mobilisent tous les âges.

-Ce n’est pas une révolte d’estomac, ou pas que : les revendications portent aussi sur des valeurs sociétales (liberté, démocratie, dignité humaine, égalité, laïcité)

-La révolte arabe s'étend à des pays et peuples riches : la richesse par habitant à Bahreïn est identique à celle en France ! La richesse de la Libye dépasse celle de la Turquie. La Libye est deux fois plus riche que la Tunisie. En Tunisie, même les hommes d’affaires sont du côté de la révolte populaire.

Les peuples pris conscience qu'ils ne sont pas fatalement voués à des leaders totalitaires appartenant à l'ère de la décolonisation. Ils veulent rompre avec une conception qui misait sur l’éducation et le confort des peuples mais les privait de démocratie pensant que citoyens arabes n’étaient pas assez matures pour l’intégrer (lègue d’Hassan II, Bourguiba, Kadafi, Saddam, Assad le père).

Ces données nous imposent de nouvelles questions : comment, dans ce bouleversement mondial, générer le moins de haine et épargner le maximum de générations? Quel modèle de société recherchent et construisent les pays arabes modernes ? Quelle serait la place des religions ? Les expériences menées ailleurs sont-elles transposables au Maghreb et au Moyen-Orient (ALBA, Turquie, Asie)? Quels nouveaux rapports peuvent-ils entretenir avec les USA, l’Europe et les anciennes puissances coloniales? Quelle attitude adopteront-ils à l’égard d’Israël et quelle attitude Israël adoptera à leurs égards? Quel est notre rôle français et européen pour les aider sans être des donneurs de leçon et sans tomber dans l’ingérence ?

Pour mieux y répondre, il faudrait comprendre pourquoi cette révolte, maintenant ?
Des situations très différentes mais quelques points communs :
Le maintien de régimes politiques autoritaires, corrompus, le plus souvent incarnés par des chefs d'Etat vieillissants caractérisés par une incroyable inertie.

Le nouvel accès à l'information : La révolution technologique et informationnelle bouleverse le monde réel (chaines internationales, Al-Jazira, téléphone portable, les réseaux sociaux type facebook) alimente cette soif de changement.

La croissance démographique dans certains pays et les taux élevé de chômage des jeunes et surtout celui des diplômés.

Le décalage devenu intolérable, entre le développement économique issu des richesses produites et le partage de ces richesses pour un mode de vie plus digne pour tous (la même situation existe chez nous).
Le peu d’intérêt donné à l’agriculture. La concurrence à l’urbanisation touristique (dans certaines régions) vue comme un progrès dont il fallait être fier, des investissements absurdes ostentatoires, mettant à mal les habitants et leur environnement.

Un fossé, entre zones rurales et zones urbaines, qui suscite haine et violence entre citoyens (ce qui nous attend avec la réforme des collectivités territoriales)
D’autres éléments liés aux relations avec l’Europe et les USA :

Une dépendance excessive visible de longue date mais il s’est manifesté d’une manière patente depuis 2008. Sans la crise financière et économique mondiale ces pays seraient peut-être restés, plus longtemps sous la férule de la dictature. En plus de l’étouffement des libertés et de l’oppression, la crise a été le déclencheur du ras-le bol.
La sévérité et la xénophobie des lois européenne sur l’immigration ont, aussi, à mon avis, jouer un rôle important dans cette implosion.

Chez nous, ces modèles, aujourd’hui déchus, ont clairement décomplexé nos dirigeants européens Berlusconi et Sarkozy qui enchainent népotisme, mainmises et censures médiatiques, dénigrement du peuple, corruption et détournement de fonds publics.

Maintenant que ces modèles de l’autre côté tombent, il serait temps de remettre l’accent, sur cette décadence d’éthique de nos dirigeants. Même si nous sommes nombreux à le penser et à le dire et que nous n’avions pas attendu que l’indignation soit dans l’air du temps, le climat populaire n’était pas propice à l’écoute. Il nous faudra donc redire, dans l’actualité.

Ce qui me semble nouveau à souligner là bas comme ici, c’est que même les classes économiquement aisées se portent mal, se sentent oppressées et ne supportent plus les seuls critères chiffre et concurrence comme indices de bonheur.

La tâche est donc grande pour les pays du sud, grande pour nous, pays du nord, et la victoire populaire nécessite plusieurs années de redressement. Il faudra prendre du recul, il faudra dialoguer, y préparer les citoyens, notamment les jeunes qui participent et qui guettent impatiemment ce qui se passe. Reste le plus délicat dans une révolte populaire, ses lendemains: une fois le coup de pied donné aux régimes maudits, que fait-on ?
Au moins quelques propositions doivent être clairement portées par tous les solidaires des peuples en révolte :
 
1-Demander la suppression immédiate des dettes de ces pays pour leur permettre de repartir du bon pied.
 
2-Dans la bataille des idées, il est temps de rompre avec la logique et la terminologie issue du 11 septembre et rompre avec une image d’un seul islam dans le monde arabe pour commencer à comprendre la diversité des courants ?
 
3-A quel besoin ont-ils répondu et répondent aujourd’hui ? Quel avenir politique peuvent-ils avoir ?
 
4-Recréer les conditions de confiance entre Les pays du sud et les pays du nord, par des choix économiques
et sociaux cohérents entre les énoncés et les directives d’application (ce qui n’est pas le cas actuellement).
En conclusion: à la revendication populaire de créer en commun un destin collectif, il nous reste, dans ce moment mondial historique, à ne pas nous tromper de débats, à respecter les choix avenirs des peuples sans piper les dés et là…

samedi 17 décembre 2011

Une date anniversaire pleine de symboles.

Aujourd'hui marque le premier anniversaire de la mort de Mohamed Bouazizi alias Besbouss , mort par désespoir. Sa mort allait catalyser la colère des sans grades et allait avoir pour conséquence inattendue:  la révolution de Jasmin.    (à lire)
Il s'est avéré après coup que Bouazizi n'a pas été giflé mais que cette rumeur a été inventée pour pouvoir faire de cet homme un martyr et renforcer l'effet de contestation. Lamine al-Bouazizi (sans aucun lien de parenté avec Mohamed), responsable syndical de Sidi Bouzid et anthropologue, explique :
« En fait, on a tout inventé moins d'une heure après sa mort. On a dit qu'il était diplômé chômeur pour toucher ce public, alors qu'il n'avait que le niveau bac et travaillait comme marchand des quatre-saisons. Pour faire bouger ceux qui ne sont pas éduqués, on a inventé la claque de Fayda Hamdi. Ici, c'est une région rurale et traditionnelle, ça choque les gens. Et de toute façon, la police, c'est comme les États-Unis avec le monde arabe : elle s'attaque aux plus faibles18. »

Le "hasard " du calendrier a voulu que démarre hier le procès de la taupe de wikileaks: Bradley Manning qui qu'on le veuille ou non fut l'un des ingrédients de ces révolutions qui sont en train de secouer toute la planète en dévoilant de nombreux secrets d'état qui validaient ce que certains savaient déjà mais faisaient connaître au grand public ce qu'il n'osait croire. La chute de Ben Ali avait été précédée de l'annonce d'informations sur le niveau de corruption du régime dictatorial tunisien. 

Depuis 1 an, cette révolution a fait des petits même au delà du monde arabe. J'en profite pour vous rappeler l'évènement du jour  à ne pas manquer : http://parolededemocrate.blogspot.com/2011/12/cafe-litteraire-arabophone-art-dreams.html .



Pour le village ou a vécu Bouazizi, rien n'a changé, la révolution est toujours attendue:

Un an après le drame de Mohamed Bouazizi, Sidi Bouzid attend toujours la révolution



dimanche 4 décembre 2011

café littéraire arabophone art-dreams; vous connaissez ?

Si vous ne connaissez pas, c'est l'occasion de le découvrir.
 
Le samedi 17 décembre aura lieu un nouveau café littéraire arabophone N°3 sur le thème du Printemps Arabe "De la volonté vers la Liberté"

Cette soirée traitera de la situation dans les pays arabes.
Avec un questionnement sur l'avenir de ces mouvements (Syrie, Lybie,Tunisie,Égypte, Yémen).
 
L'échange se déroulera à partir de 18h30:

Tout d'abord par une rétrospective du Printemps arabe.
Ensuite des personnes ayant vécu ces évènements nous témoigneront de leur expérience.

Nous nous interrogerons sur l'opinion des pays occidentaux à propos de ces mouvements ainsi que sur les obstacles auxquels ces mouvements peuvent être confrontés.
De même, nous proposons des lectures en arabe sur des "auteurs politiques"

La soirée se terminera avec un temps musical offert par l'artiste syrien Hassan Abed el Rahman "joueur d'aoud"
 
 adhésion annuelle au café 2€

ps : l'exposition de calligraphie arabe d'Ahmad DARI restera à l'espace Arts dreams jusqu'au 31 décembre 2011


Il vous sera possible de déguster sur place quelques douceurs orientales …


Espace multiculturel Arts Dreams, 15 bis rue Imbert Colomes 69001 Lyon. E-mail : contact@arts-dreams.org. Tel : 04 72 07 80 30
groupe facebook : https://www.facebook.com/groups/195856737117208/
site internet: http://www.arts-dreams.org/

mercredi 16 novembre 2011

A poil et après !

J'ai eu beau me gratter le cuir chevelu pour essayer de comprendre à la fois l'intérêt de la chose et l'objectif de la manoeuvre mais je n'ai pas encore trouvé.

Déjà le 1er novembre, elle avait déjà créé la sensation en demandant aux hommes de se voiler. Plusieurs hommes, essentiellement occidentaux, avaient posté leur photo, avec un voile, sur sa page personnelle, en signe de solidarité.

S'il s'agissait de faire coucou à la planète et de crier tout fort " je pose nu donc j'existe", c'est réussi sauf que 5 mn plus tard, j'avais déjà oublié le nom de cette charmante personne et d'ici quelques jours, je risque même d'oublier son existence à moins qu'elle revienne avec un autre message du genre : " je pisse dans une église et je t'emmerde". A vrai dire, le message d' Aliaa Magda Elmahdy s'adresse surtout à elle comme si elle voulait se convaincre qu'elle était capable de vaincre ses peurs et le fait e le faire chez papa maman, c'est  aussi sa manière de couper le cordon ombilical. Elle devait avoir si peur que son corps livré nu à la critique n'accroche pas les regards qu'elle s'est sentie presque dans l'obligation d'en rajouter en faisant son magnifique coming out et en annonçant à la planète toute entière qu'elle était athée et accrochez vous bien depuis l'âge de 16 ans. Quel courage, on pourrait dire oui mais , les positions photo choc et phrase choc, hé bien ça ne choque plus. Juste, peut être que ça va attiré le regard des curieux 'à l'instant où j'écris mon article ' son blog bat des records de connexion (à cet instant 797000) pas mal et ça défile. 

Dans le court texte posté entre  deux photos de son blog, Aliaa Magda Elmahdy, qui se présente comme une étudiante en médias et communication, regrette que les modèles nus aient été interdits à la Faculté des Beaux-Arts, que les livres d'arts soient désormais expurgés de toute nudité, que les statues antiques soient brisées. Elle revendique haut et fort sa "liberté d'expression". Aliaa Magda Almahdy, dont le blog s'intitule "Confessions calmes", se dit clairement "athée et individualiste". Elle milite "contre une société de violence, de racisme, de sexisme, de harcèlement sexuel et d'hypocrisie".

Très bien! et après, en quoi son coming out changera quelque chose si elle ne s'engage pas dans une confrontation politique pour faire avancer les droits des femmes qui ne s'arrêtent pas au contours 'une hanche ou du poids des nichons. En plus même si son visage est charmant, le reste est moins intéressant. 
Aujourd'hui, les blogueurs, j'ai l'impression qu'ils veulent exister hors du virtuel quitte à prendre des risques.
Je ne peux que lui souhaiter bonne chance et en attendant un livre pour raconter cette aventure ' ça aussi , c'est  à la mode chez les blogueurs de la révolution du printemps qui n'hésitent pas surtout les femmes à en rajouter pour améliorer les ventes.  Les jeunes femmes arabes, on les préfère issues de familles intégristes même si c'est faux et obligées de porter un foulard , mariées de force et tout le bla bla pour pouvoir donner de la saveur à un livre où il n'y a rien à raconter. 

source: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/11/15/une-jeune-egyptienne-pose-nue-pour-denoncer-l-obscurantisme_1604141_3212.html#xtor=AL-32280397

lundi 17 octobre 2011

D'un 17 octobre à l'autre

Aujourd'hui, je suis fier de rendre hommage aux victimes du 17 octobre 1961  génocidées par décision d'un préfet dont on a retenu que ses crimes contre l'humanité concernant les Juifs. Ce soir, je serai avec d'autres militants à 18h devant le monument aux droits de l'homme de ma ville de Vaulx en velin pour déposer une gerbe pour le 50 ième anniversaire de ce douloureux moment qui s'inscrit dans la tumultueuse Histoire de la France et de l'Algérie. Ce jour qui tombe au milieu de ce qu'on appelle les révolutions arabes qui ne sont que l'expression d'une volonté des peuples arabes depuis des dizaines d'années de se libérer de toute forme de tyrannie  ne peut me faire oublier qu'actuellement dans de nombreux pays arabes se déroulent tous les jours des 17 octobre 1961 et que tous les jours des citoyens libres dans leur tête ont décidé depuis plusieurs mois de ne plus avoir peur et de braver la mort les mains nues dans des manifestations quotidiennes. A ces citoyens libres, je ne peux que leur rendre hommage et en ce jour du souvenir, j'aurai une pensée pour eux. et pour leur noble combat. Celui de la liberté, la justice et la démocratie.



Le Mur de la peur est tombé

Depuis la chute des présidents Ben Ali et Moubarak, pas un pays arabe n’est épargné par un vent de contestation qui, à défaut d’être irrésistible, laissera partout des traces irréversibles. Ce livre représente la première tentative d’interprétation de ce bouleversement historique et s’efforce d’en tirer dès maintenant un certain nombre de leçons, qui battent en brèche bien des idées reçues.

      Non, l’islam n’est pas le facteur systématique d’explication des comportements politiques. Oui, la jeunesse est en première ligne, elle conteste à tous les niveaux le système patriarcal. Non, l’alternative à la démocratie n’est plus la dictature, c’est le chaos, un chaos déchaîné par les nervis des régimes autoritaires et iniques. Oui, on peut gagner sans chef. La rupture est radicale avec toute une culture du leader charismatique, alors que s’affirme une forme très avancée d’autodiscipline citoyenne. Non, il n’y aura pas d’effet domino, ni d’entraînement mécanique d’un pays à l’autre.

      Dans chaque pays, cette Révolution arabe se déclinera à chaque fois dans le cadre de l’État moderne et des frontières postcoloniales, les régimes ayant le choix entre la réforme substantielle ou la violence suicidaire. Nous ne sommes qu’au début d’une seconde renaissance qui, en écho à la Nahda du XIXe siècle (menée, déjà, par la Tunisie et l’Égypte), cherche à renouer avec les promesses des Lumières arabes.


 

jeudi 6 octobre 2011

Prix Nobel de la Paix: la confusion règne

Le prix Nobel de la Paix a établi un record cette année en nommant 241 personnes pour succéder au dissident chinois Liu Xiaboo.  Il y a encore quelques heures, la majorité des pronostics donnait Lina Ben Mhenni gagante haut la main. 
Depuis, les rumeurs affolent les médias et j'ai comme l'impression que le comité est en train de nous bidouiller un Nobel bizarre. des morts sont lâchés et pas pour nous aider à deviner le gagnant de quoi entretenir le mystère jusqu'à la dernière minute. Nombreux étaient ceux qui pariaient sur une victoire de la révolution des Jasmins avec 3 nobélisables possibles en les personnes de la blogueuse tunisienne Lina Ben Mhenni ,  l'Egyptienne Esraa Abdel Fattah ou son compatriote Waël Ghonim responsable Google en Egypte.

Comment comprendre cette phrase "Pour ajouter au trouble, le très europhile M. Jagland, par ailleurs secrétaire général du Conseil de l'Europe, a été cité par le journal VG comme disant que "le lauréat de cette année est actif dans un domaine qui a été important pour moi toute ma vie".

C'est quoi ici le domaine: l'europe, les droits de l'homme, la politique, la paix, la justice. Un vrai mystère.

la réponse viendra à 11 h

liens pour l'article ici :http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/nobel-de-la-paix-un-laureat-tres-rassembleur-dit-le-president-du-comite_1037976.html

http://www.lepoint.fr/monde/nobel-de-la-paix-un-laureat-tres-rassembleur-dit-le-president-du-comite-06-10-2011-1381753_24.php

jeudi 22 septembre 2011

les femmes en révolution au maghreb et au moyen orient

Du 26 au 30 septembre 2011 se tient  des débats et rencontres dans le cadre des révolutions au Maghreb et au Proche Orient Pour de plus amples informations je vous redirige vers le lien http://femmes-en-revolution.blogspot.com. Il y aura évidement un retour d'informations sur ce blog d'autant plus qu'administrateur de l'association EPI, je suis impliqué dans l'évènement. en attendant, je vous invite à découvrir une nouvelle voix sur le sillage de cette révolution en la personne de Samia Tawil que j'ai eu le privilège de découvrir pas plus tard qu'hier et comme toute chose que j'apprécie, j'aime partager. N'hésitez pas à l'encourager par vos messages sur son compte youtube.






 Biographie
Née en 1984 à Genève d'une mère marocaine et d'un père Syrien, Samia Tawil s'est très tôt découvert une passion pour les mot ; ceux qui touchent, qui témoignent et se rebellent. C'est ainsi que, dès ses années de lycée, elle s'oriente vers la philosophie et la littérature, s'adonnant à l'écriture de divers essais et textes, dont une pièce intitulée : Noun, une quête de la liberté au fil du temps, qu'elle montera en spectacle, travail pour lequel elle recevra le Prix spécial du Collège Voltaire de Genève. Elle étudiera par la suite la philosophie à un niveau universitaire, tout d'abord à l'Université Américaine de Beyrouth où elle passera six mois, puis à l'Université de Genève, se spécialisant ainsi en Philosophie de la société et en Études des civilisations islamiques.
Parallèlement à ses études, elle poursuit aussi une carrière de chanteuse et se produit sur diverses scènes de Suisse, de France et du Royaume-Uni, et participe à divers festivals, dont le Festival Africa Integration de Zürich en juillet 2006.

Elle poursuit présentement sa carrière de chanteuse indépendante, tout en travaillant sur la finalisation de son premier recueil de nouvelles dont est justement tiré l'extrait "De Bilal à Rostropovitch".
Samia Tawil ( Droits réservés)












Pour en savoir plus sur Samia Tawil, découvrez sa page facebook http://facebook.com/samiatawil.music

vendredi 16 septembre 2011

Témoignage sur la Syrie qui souffre

Alors que la tendance « printemps arabe » bat son plein depuis les défilés de Tunisie, d’Egypte, et de Libye, pour ne citer que les plus médiatisés, la mode automne-hiver s’est invitée en Syrie. Peu de jours passent sans que l’on cherche à nous convertir à toutes sortes de larges rhétoriques conspirationnistes ou fatalistes dans le but de ringardiser un peuple qui porte le pacifisme bien serré et voudraient échanger un vieux costume de dictateur contre celui de la liberté.
Le couvre-chef en vogue, au sens propre comme au sens figuré, de petites mains sales tentent de faire porter à la révolution syrienne un turban islamiste, une kippa sioniste et aussi un chapeau de cow-boy impérialiste tant et si bien que ce pauvre peuple syrien ne sait plus où donner de la tête pendant que la bande à Bachar cherche d’abord à la lui arracher !
Des malfaisances de l’intérieur aux malveillances de l'extérieur, la propagande pro-Assad n’est pas à court de théories parfois complexes (« Vous ne pouvez pas comprendre !»), souvent basiques (« Vous le savez bien !») pour démobiliser, désillusionner et surtout désinformer le plus grand nombre et faire que, doucement mais sûrement, nous disions adieu au printemps pour nous emmitoufler dans le manteau de l’ignorance, de la passivité et du mépris en attendant que ça passe !
Reste qu’il faudra alors s’habituer à la couleur rouge sang le matin et noir deuil le soir parce que des milliers, des dizaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants seront assassinés, jour après jour, mois après mois, encore et encore. Et cela risque de durer très longtemps tant il est troublant de voir que, malgré le déchaînement de violence qu’ils subissent, les Syriennes et les Syriens n’ont jamais été aussi heureux que depuis qu’ils sortent dans la rue crier «Liberté ! ». Pour ces quelques minutes de bonheur, ils seront des millions à bien vouloir mourir. Supporterons-nous d’assister, passivement, à ce massacre?
Et puis chaque fois qu'il y aura en Syrie un homme torturé, une femme violée avec une matraque électrique, des parents qui recevront leur enfant en morceaux dans un sac poubelle et qu'ici on se taira, il y aura un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et que rien n'empêchera de s'inviter chez nous, chez vous si on ne l’arrête pas. C’est le principe de la mode !
Alors si le monde n’est pas composé que de cyniques, s’il y a encore des nostalgiques de la liberté des peuples, des utopistes de la paix dans le monde, des humanistes sans frontières, le peuple syrien a besoin de vous, de votre empathie active, de votre indignation audible, de votre solidarité visible.
Il ne peut, il ne doit exister aucune théorie, aucune posture, aucun doute qui puisse justifier de ne pas assister un peuple en danger.
Le 17 septembre 2011, une Marche du Jasmin aura lieu dans toutes les capitales et les grandes villes du monde. En Suisse, nous marcherons à Genève de la place des Nations à la place Neuve, de blanc vêtus. Pour arrêter de compter les morts en Syrie, nous comptons sur vous !
Shady Ammane, fondateur du Collectif Jasmin
"Article Tribune de Genève du 14 septembre 2011"


http://www.tdg.ch/actu/monde/syrie-opposition-annonce-creation-conseil-national-2011-09-15

lundi 13 juin 2011

Les enfants syriens meurent au nom de la liberté

Les enfants Syriens paient un très lourd tribut dans le bras de fer qui oppose le peuple Syrien à son dictateur Bachar El Assad. Nous avons découvert l'un des symboles de la révolution syrienne qui a toujours court aujourd'hui. avec Hamza EL Khatib dont voici une vidéo




Tahar Ben Jelloun a écrit une magnifique chronique en hommage à Hamza. je vous la livre ici

Hamzah, 13 ans, juste un peu tué.

Ce qui fait l'homme, c'est la lumière" (Victor Hugo). Hamzah Al-Khatib fut un homme à 13 ans. Il est mort emportant avec lui cette part de lumière que donnent le courage et la dignité. Comme l'écrit l'éditorialiste Abou Dib dans le quotidien libanais L'Orient-Le Jour (2 juin 2011), "pour la Syrie, Hamza n'a pas été torturé. On l'a juste un peu tué".
Arrêté le 29 avril à Deraa pour avoir chanté "A bas le régime !", il fut torturé, reçut des décharges électriques, fut brûlé aux pieds, aux coudes et aux genoux ; on lui a coupé le sexe, lacéré le visage et achevé ensuite par trois balles, dont l'une en pleine poitrine. Il fut rendu le 31 mai à sa famille. En même temps, le père a été arrêté et obligé d'accuser publiquement les salafistes d'avoir martyrisé son fils. Le corps devenu violet était en décomposition, mais les traces de torture étaient visibles. Ceux qui ont fait ça sont des rats, même pas des loups, simplement des rats charognards et hallucinés. Leurs nuits seront peuplées de fantômes d'enfants, aussi légers que des papillons se cognant contre la lumière d'une vitre. Je suis sûr qu'ils dorment bien et font des rêves. La brutalité criminelle conserve et ouvre des perspectives pour de nouvelles séances de torture et de mort. Ils ont été élevés dans le jus nauséabond du parti Baas, l'idéologie totalitaire du régime.
Le visage poupin de ce gosse est dans la presse ; son corps découpé est en vidéo sur la Toile. Quatre autres enfants ont subi des tortures analogues. Je ne sais pas quel âge ont les enfants de Bachar Al-Assad. Il paraît qu'il les a fait partir à l'étranger. Il a raison de les protéger. Il n'a pas le temps de s'en occuper. Mais qu'importe. Que ses services torturent à mort un gosse en dit long sur son humanité, sur sa vision du monde et du pouvoir. J'espère qu'un jour sa progéniture se souviendra du petit Hamzah.
Le régime syrien ne sait répondre à la contestation pacifique que par les armes et cette forme vicieuse de la barbarie. Plus de 1 200 morts depuis le début des manifestations. Discrédité, illégitime, le régime de Damas sera tôt ou tard jugé pour ses crimes contre l'humanité. En attendant, il sème la terreur, mais ce qui est extraordinaire c'est le courage magnifique du peuple syrien qui descend dans la rue plusieurs fois par semaine en sachant qu'il sera accueilli par des rafales de mitraillette.
Longtemps on a fait croire que ce peuple était composé d'indicateurs et de mouchards. Longtemps on a évoqué les années de plomb où le moindre soupçon d'opposition était réduit au silence définitif. Voilà que le "printemps arabe" nous fait découvrir un peuple qui a tous les courages, un peuple responsable.
Le Liban connaît mieux que quiconque ce régime. Il sait de quoi il est capable. Depuis que les troupes syriennes ont dû quitter le Liban (2005), le pays vit sous la menace permanente d'attentats. Pendant ce temps-là, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, commémore à Beyrouth le vingt-deuxième anniversaire de la mort de l'ayatollah Khomeyni tout en apportant son soutien au régime de Damas "victime d'un projet de partition américano-israélien".
Ainsi, Hamzah était un espion au service d'un projet de complot ! C'était un petit malin qui portait atteinte à la sûreté de l'Etat. Un gamin qui menaçait le régime ! Ses camarades aussi. Tout le peuple syrien qui réclame le départ de Bachar Al-Assad ne fait que suivre les indications de l'Amérique et d'Israël. Vingt-deux millions de Syriens, tous comploteurs, tous traîtres à leur patrie. Il est vrai que le régime fonctionne depuis quarante-deux ans avec un service de renseignement particulièrement efficace et cruel. Etat policier, il ne tardera pas à s'écrouler. Ce qu'il en sortira sera de toute façon mieux que ce régime hérité de père en fils avec le solde de plusieurs milliers de morts à Hama en 1982, et aujourd'hui nous voilà en ce printemps qui a du mal à chasser cette herbe vénéneuse.
J'étais à Beyrouth la semaine dernière pour le sixième anniversaire de l'assassinat de l'écrivain et journaliste libanais Samir Kassir. Il écrivait des vérités qui ne plaisaient pas à Damas. Sa mort n'a pas fait disparaître ses idées, son humanisme, sa passion pour son pays.
Le Liban vit sous tension. Pris en tenaille entre la Syrie et Israël, il résiste. Partout la sécurité militaire veille. Mais la vie continue avec optimisme, avec vigilance, et le peuple qui a connu plusieurs guerres s'attend d'un moment à l'autre à une provocation syrienne pour détourner l'attention de la presse (les journalistes étrangers sont interdits d'entrée en Syrie). Les muezzins appellent à la prière. Les cloches des églises sonnent. Les embouteillages sont partout. Le soir, la rue Gemmayzé, où il y a une concentration de restaurants, de bars et de boîtes de nuit, ne désemplit pas. C'est le Liban qui a apprivoisé la mort avec humour, avec intelligence.
Hamza n'ira plus à l'école. Il n'écrira plus des slogans hostiles au régime de Bachar Al-Assad. Il ne chantera plus. Il est déjà considéré par certains comme Mohamed Bouazizi, le jeune Tunisien qui s'est immolé par le feu le 17 décembre 2010. Hamza, Mohamed et des centaines d'anonymes sont morts pour que le "printemps arabe" avec ses vents, ses bourrasques et sa grandeur continue son chemin.
L'âme d'Hamza, frêle et légère, plane au-dessus des manifestants. On dit qu'elle ira au paradis. L'enfer est sur Terre, dans tant de pays arabes dont les dirigeants s'accrochent au pouvoir avec une pathologie pathétique.


Tahar Ben Jelloun est membre de l'Académie Goncourt depuis 2008. Il a reçu le prix Goncourt pour La Nuit sacrée (Points Seuil) en 1987. Derniers livres parus : L'étincelle : Révoltes dans les pays arabes et Par le feu, chez Gallimard
 
 
Voici la vidéo de propagande diffusée par les services gouvernementaux syriens à l'opinion publique 
Le problème avec cette vidéo, c'est qu'il n'y avait pas qu'Hamza pour avoir subi des torutres. Un autre enfant de 15 ans ayant été enlevé par les services syriens de sécurité a été victime des même sévices; C'était trop demandé aux services spéciaux de Bachar el Assad de maquiller ça en enlèvement crapuleux . voici la vidéo du corps de la victime après la récupération par la famille.
 
 
A partir de maintenant, je ne pense pas que des corps seront restitués, ils seront éliminés ou ils finiront dans des charniers comme ce fut le cas avec cette découverte ci.
Pour ce défendre, le régime syrien aux abois fait appel à la bd; le ridicule, il y a que lui qui ne te pas. voir le lien . Le peuple syrien ne demande qu'à être libre débarrassé de ce régime sanguinaire; Régime qui reçoit le soutien du liban qui a peur et de la Russie parce qu'elle possède une base militaire. 

Les exactions contre les enfants sont devenues une spécialité syrienne. Facile d'accuser le régime sioniste assassin d'enfants palestiniens quand on ne vaut pas mieux. 
 
 
 
Personne n'est épargné, ni les enfants, ni  les femmes. nous sommes face à une folie meurtrière de la part d'un régime aux abois. aujourd'hui une partie de l'armée s'est révoltée et on assiste à des combats entre militaires. Des combats meurtriers entre des militaires fidèles au régime syrien et d'autres qui se sentent proches du peuple et qui ne supportent plus de regarder leur peuple impuissant se faire massacrer.  



Tout ce que j'écris sur la situation en Syrie, je le pense sincèrement. Je ne tomberai pas dans le piège de certains qui considérant faussement que la Syrie est le protecteur des Palestiniens, on devrait être ferme sur les exactions commises par son régime; Bachar El Assad est un criminel de guerre et à ce titre, il doit être jugé rapidement et son régime disparaître. 
 
Je suis terriblement triste de découvrir que certains et certaines parmi les plus militants de la cause palestinienne soutiennent le régime de Bachar El Assad. je ne vais pas m'étaler sur des dizaines de pages pour faire l'inventaire de toutes les atrocités commises par la famille El Assad depuis que le clan a pris le pouvoir par la force. Je suis effaré par tous ces mensonges qu'on reprend. Ceux qui jugent  qu'on n'est pas informé  ou qu'on est manipulé qu'ils prennent un billet pour Damas et regardent par leurs propres yeux. Qu'ils aillent parler aux familles endeuillées ou a un soldat qui ne doit plus savoir qui il est. J'ai 50 ans et les crimes du régime syrien ne datent pas d'aujourd'hui; Je l'ai vu à l'oeuvre au liban quand des pilotes ont été passés par les armes parce qu'ils refusaient de bombarder le camp palestinien de Tel El Zatar; ça ne te dit rien ce nom mais les survivants corps médical, blesés furent passés par le armes après que les infirmières furent violées. Depuis 1973, le régime syrien n'a empêché aucun massacre perpétré par les troupes israéliennes au liban et en palestine, ce régime n'a même pas été capable de répondre à une agression du régime sioniste contre son territoire quand Israël bombarda une mini centrale nucléaire en construction. En soutennant le régime assassin d'El Assad, on se retrouve dans le même camp que les sionistes qui soutiennent les massacres des palestiniens. On devient solidaire des criminels; j'espère que la conscience de ces militants est assez solide pour supporter cela parce qu'ils n'ont aucune excuse à la différence de ceux qui une époque soutenaient le régime stalinien ou les khmers rouges parce qu'aujourd'hui tout se sait pour celui qui ne veut pas regarder le monde avec des ornières. Le problème, c'est que beaucoup préfèrent s'enfermer dans des certitudes et soutenir un assassin d'enfants, un criminel de guerre; je ne jetterai la pierre sur personne pas, elles le font très bien elles-mêmes en soutenant ces assassins. je soutiens aussi le peuple de Bahrein et ma différence avec ceux qui refusent de soutenir le peuple syrien c'est que moi je ne choisis mes dictateurs.  Je ne classe pas les assassins, je les mets tous dans le même sac. Je ne  blâme pas ces militants mais sincèrement, je les plains. je ne pourrai jamais me trouver dans la situation qui consiste à pleurer un enfant palestinien quand il est tué par un sioniste et à maudire ce même enfant palestinien ' hé oui j'ai bien dit enfant palestinien', ce n'est pas une erreur ' quand il est tué par un soldat syrien à la solde du régime de Bachar el Assad.