mercredi 29 juin 2011

On a tué le président.

Ce 29 juin 1992, le temps s'est arrêté en Algérie pendant des années. Des années sombres et rouges de sang, du sang des Algériens, du peuple algérien.

Je reprendrai quelques articles et vidéos pour rappeler ce moment douloureux de l'histoire de l'Algérie;

"Cela commence par une petite phrase sur l’impermanence des choses et des hommes, une réflexion de simple sagesse, et se termine par du bruit, des chaises de théatre renversées autour d’un drapeau algérien taché de sang. ..
"L’être humain n’est que de passage ici-bas. La vie est brève, nous devons tous disparaitre un jour", dit doucement Mohammed Boudiaf, assis à la tribune du palais de la culture d’Annnaba. Et son visage jusqu’ici souriant devient grave. Voilà vingt sept minutes que le président du Haut Comité d’Etat parle d’économie, de gestion et d’emploi. Maintenant, il aborde la question religieuse, -forcément politique-, celle de la foi et de l’intégrisme. Dans la salle, on se tait, on écoute. Abdel le journaliste est au sixième rang, sur la mezzanine, à une quinzaine de mètres face à la tribune. Son carnet à la main, le chroniqueur local a tout noté : les huit fonctionnaires assis de part et d’autre du président Boudiaf, les fleurs coupées posées à même la table, les caméras, les drapeaux et ces grands rideaux ocres qui ferment la scène. Il est onze heures trente cinq ce lundi vingt neuf juin, Mohammed Boudiaf parle toujours de progrès et de religion. Il commence une phrase :" les pays développés nous devancent grâce à leurs connaissances scientifiques mais ...l’Islam". L’Islam : ce sera son dernier mot. "
La suite vous la trouverez en cliquant sur ce lien

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Il faut comprendre le contexte de l'arrivée de Boudiaf à la présidence algérienne. Boudiaf, n'a pas été élu mais a été amené au pouvoir par l'état major algérien à l'origine du coup d'état de janvier 1992. La suite en vidéo.

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Depuis déjà très longtemps, toutes les accusations portaient sur un seul homme Larbi Belkheir

Dans une lettre adressée au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, condamnant la ‘’terrible banalisation’’ de l’assassinat de l’homme qui a voulu ‘’rétablir l’équilibre brisé de son pays et redonner l’espoir à une jeunesse perdue et sans repère’’, les proches de Mohamed Boudiaf exigent la vérité sur son assassinat.

‘’Dix-huit ans après la disparition du regretté Mohamed Boudiaf, son assassinat demeure toujours une énigme et on se pose encore la question qui se cache derrière’’, déclarent jeudi à la presse des proches du défunt qui ont adressé récemment une lettre au président algérien, Abdelaziz Bouteflika.

Acte isolé commis par un militaire aux sympathies islamistes ou complot polico-mafieux, s’interrogent des proches du défunt qui vivent toujours au Maroc et dont les efforts pour faire éclater la vérité sont restés vains, dix-huit ans après l’exécution publique de Boudiaf par le capitaine Lembarek Boumaârafi, le 29 juin 1992 à Annaba.

‘’L’autopsie n’a jamais été faite, l’arme du crime a disparu Tout cela nous laisse dire qu’il s’agit d’un complot’’, relèvent-ils appelant le président Bouteflika à relancer l’enquête sur le rôle joué dans cette affaire par les différents chefs de départements et organes affiliés à la Direction des renseignements (DRS), comme le département de la sécurité intérieure et le département de la sécurité de l’armée.

Ils ont dressé par la même une liste de quelques anciens cadres du DRS, et des services auxquels incombait la mission de protection du feu président Boudiaf, et qui se sont retrouvés cités dans la procédure d’enquête.

Au plus fort de ses moments de violence et d’incertitude, l’Algérie avait, rappelle-t-on, fait appel à son enfant prodigue à qui elle confia la dure tâche de remettre de l’ordre dans un pays menacé par la montée en puissance de l’islamisme.

Répondant spontanément à l’appel de son pays, Mohamed Boudiaf est revenu en Algérie le 16 janvier 1992. Sa droiture, son intégrité morale, sa franchise et sa loyauté étaient pour ceux qui l’ont sollicité ce qu’il fallait à l’Algérie pour retrouver le chemin de la stabilité. Le 29 juin 1992, il parlait encore de la construction de la paix, de l’avenir de l’Algérie et de l’espoir de renaissance de son pays quand une rafale de balles arrêta net cet homme de convictions.

La commission chargée de l’enquête sur cet assassinat avait émis deux rapports contradictoires : le premier évoquait la thèse du complot, le second la théorie de l’acte isolé. Théorie confirmée par la justice qui a condamné, le 3 juin 1995, à la peine capitale Boumaârafi. Un jugement réfuté par la famille Boudiaf. La Cour suprême a confirmé la sentence. Les anomalies dans l’enquête et le déroulement des faits ce 29 juin 1992 n’ont pas pesé devant la machine judiciaire. Les officiers de la sécurité présidentielle ont été arrêtés pour grave négligence avant d’être relaxés sans explication.

Depuis, certains ont même été promus à des grades supérieurs. En janvier 2002, le général à la retraite, feu Larbi Belkheir, ministre de l’Intérieur au moment des faits, a été accusé par le fils du défunt, Nacer Boudiaf, d’être derrière l’assassinat de son père. Mais le mystère demeure entier autour de cette affaire.

Ici un article assez long qui tente d'expliquer ce qui a amener à l'exécution de Boudiaf et des siens. voir l'article là

Une chanson  de Hamid Baroudi en hommage à Boudiaf 

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