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jeudi 8 mai 2014

8 mai 1945: A chacun ses commémorations










Il y a eu le 8 mai 1945 mais il y eu aussi mai 1845 qui refait surface comme un boomerang

 

En mai 1845, un siècle avant les massacres du 8 mai 1945 et son lot de plusieurs milliers de victimes, le général Cavaignac avait inauguré l’ancêtre de la « chambre à gaz » que le colonel Pellisier utilisera pour mater l’insurrection des Ouled Riah dans le Dahra. « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéhas ! Enfumez-les à outrance comme des renards » s’exclame Bugeaud. Les villageois s’étaient réfugiés dans des grottes pour échapper à la furie des soldats. Ils furent enfumés par « des fagots de broussailles » placés à l’entrée-sortie des grottes. Le soir, le feu fut allumé. Les insurgés avaient pourtant « offert de se rendre et de payer rançon contre la vie sauve », ce que le colonel refusa. Un soldat écrit : « Les grottes sont immenses ; on a compté 760 cadavres ; une soixantaine d’individus seulement sont sortis, aux trois quarts morts ; quarante n’ont pu survivre ; dix sont à l’ambulance, dangereusement malades ; les dix derniers, qui peuvent se traîner encore, ont été mis en liberté pour retourner dans leurs tribus ; ils n’ont plus qu’à pleurer sur des ruines. »
« La peau d’un seul de mes tambours avait plus de prix que la vie de tous ces misérables. » Saint-Arnaud fera mieux que Cavaignac et Pelissier. Saint-Arnaud dont Victor Hugo a dit qu’il avait les états de service d’un chacal, a emmuré vivants des hommes, des femmes et des enfants. Lien pour article complet ici





Cet article a pour source : http://www.alger-republicain.com/spip.php?article441

Kateb Yacine : Le récit incendiaire du 8 mai 1945


Jeudi 28 octobre 2010 


Le 8 mai 1945 : un événement – phase de sa vie qui forge son humanisme, fonde son œuvre, accouche de l’intellectuel éveilleur de conscience et offre au peuple algérien bâillonné, une voix.

C’est avec une voix d’insoumis que Kateb Yacine jeune homme à peine âgé de 17 ans se met à écrire – incisif, mordant – un an à peine après les événements de Setif qui le frappent de plein fouet. Rien ne préparait ce fils de notable à une telle déflagration qui change complètement le cours de sa vie, le pousse à la pérégrination, à l’errance ; la rupture est forte, douloureuse, mais exaltante. Il en sort blessé mais adulte doté d’une maturité exceptionnelle, poussé hors les murs, hors frontière même puisqu'on le voit avec surprise dès mai 1947 prendre la parole à Paris dans une « Salle des Sociétés Savantes » où il ose, à peine débarqué – rebelle impertinent – évoquer « Abdelkader et l’Indépendance algérienne » !

On le voit fréquenter les petits hôtels où vivent les « épaves de la société algérienne en exil » ; il se frotte à leur chaleur, se nourrit de l’expérience des militants ouvriers algériens parqués dans la pauvreté à qui il va servir de scribe devenant l’écrivain public de leur correspondance familiale, cherchant leurs mots pour dire l’attachement, l’éloignement de l’exil partageant ainsi leurs existences secrètes, leurs amours lointains…

Il faut dire qu’à ce contact tout le préparait ! En particulier l’expérience de la prison à l’âge à peine de 16 ans en mai 1945 car c’est dans les geôles coloniales qu’il nait à son peuple, à la révolution et à la poésie.

Le 8 Mai 1945 sa vie bascule, il se retrouve interné dans un camp militaire pour sa participation active à la manifestation de Setif. C’est à partir de là que Kateb Yacine entre dans l’histoire de son pays. Cette entrée brutale dans notre histoire brise le parcours du « jeune indigène » fréquentant la classe de 3ème d’un collège de la France coloniale, rupture féconde :

« À partir de là, la classe ne m’intéressait plus après la prison. Ce qui m’intéressait, c’était la poésie avant tout. Mon père, bien qu’avocat, n’a pas su me dire non. En ce sens, mon arrestation a été bénéfique. Alors, je suis parti… » (Revue Dialogues – décembre 1963)

L’incarcération, l’expérience de la prison n’a rien de négatif, bien au contraire elle lui ouvre les yeux, l’entraîne dans un monde de découvertes, le met au contact de la chaleur de son peuple pour de premières alliances :

« C’est en prison que j’ai découvert le peuple qui était là devant moi, mais que je n’avais jamais vu jusque là… j’ai découvert là mes personnages. » 

Le jeune homme sort grandi des événements. Événements fertiles qui ouvrent la voie et qui sont comme une seconde naissance. D’ailleurs, Kateb Yacine ne cesse plus tard d’évoquer cette page d’histoire (discours – interviews – conférences) réévaluant à chaque occasion son importance comme s’il avait une dette envers un cordon ombilical le liant sans cesse à ces événements de son adolescence. On le voit bien lorsqu'il déclare à une conférence faite aux étudiants à Alger en 1967 :

« Je crois que je serais resté un poète obscur s’il n’y avait pas eu la manifestation du 8 Mai 1945 » 

Perturbé, meurtri par les événements, parce qu’il sent, voit, vit, Kateb Yacine l’est d’autant plus que sa mère entre en souffrance, profondément dérangée par la violence, par l’horreur qui s’est abattue sur sa famille, sur le clan, sur la tribu à Guelma autre lieu de naissance. La mère tant adorée entre en folie et vit l’internement psychiatrique le reste de sa vie.

C’est avec cette meurtrissure, poids dans le cœur, que –quelques années plus tard – il fait en pionnier dans sa 1ère œuvre du 8 Mai 1945 un événements fondateur, constitutif de la naissance d’une Patrie algérienne, d’une terre algérienne. L’intellectuel en puissance qu’il est devenu nourri à trois sources vives « Fanon, Amrouche, Feraoun ».

Nourri de luttes souterraines – (dès 1946-47 il séjourne à Constantine, fréquente les militants du PPA et prononce des conférences politico-littéraires dans des lieux inédits d’infâmes gargotes…) – dote le 8 mai 1945 d’une pertinence historique, en inscrit la geste, l’épopée, l’histoire dans son premier roman Nedjma (1950).

C’est sur les téléscripteurs d’Alger républicain qu’il imagine ce roman d’Amour et d’Histoire. Nous sommes en 1949, la presse recrute cet intellectuel bouillonnant de révolte qui du haut de ses 20 ans accentue dès son premier article la fracture à gauche du journal.


Dans ce quotidien il trouve une fraternité, une position de gauche face aux problèmes coloniaux ; aussi c’est avec une voix forte, libre qu’il occupe de nombreuses rubriques et, d’un billet d’humeur à un reportage, d’une analyse de politique internationale à une chronique littéraire, Alger républicain donne naissance non seulement à un journaliste à la sève indocile mais aussi à un romancier séditieux, à la belle insolence intellectuelle dont on va retrouver la trace dans le récit tourmenté qu’il nous donne du 8 Mai 1945 dans Nedjma. Dans ce premier roman dont il accouche à l’intérieur des locaux d’Alger républicain, dans une ambiance fébrile, dans l’urgence, Kateb Yacine met en scène à plusieurs reprises le 8 Mai 1945 dont il élève les événements à l’existence littéraire et, pour cette époque à l’existence tout court.



C’est ce qui fait profondément de Nedjma , un texte dérangeant, une œuvre rebelle. Le 8 Mai 1945 n’a rien d’une toile de fond, c’est la pulsation ultime du roman. Kateb Yacine scénarise le flux secret, incontrôlé et incontrôlable par l’histoire objective. L’histoire du 8 Mai 1945 s’inscrit dans le roman, en devient le matériau, mais elle n’a rien à voir avec l’histoire des historiens celle d’un Robert Ageron par exemple, qui va présenter les manifestations du 8 Mai 1945 jour de l’armistice comme « une émeute armée ».

On sait que les historiens « objectifs » ont l’art des chiffres ; Ageron parle de 50.000 émeutiers massacrant « indifféremment les européens rencontrés : 103 morts, une centaine de blessés et mutilés, plusieurs viols ». La répression aurait été impitoyable nous dit-il « à la mesure de la peur et de la haine des colons », 1500 morts selon l’administration…

Ageron évalue à son tour :

« Sans doute y en a-t-il eu quatre ou cinq fois plus… La répression judiciaire confiée à des cours martiales aboutit à 1476 condamnations pour 4566 prévenus. » 

A cette histoire « immobile » qui joue du montage, des chiffres, qui recherche un ordre, le Texte de Nedjma oppose son sens du dessous des choses. Justement un de ses personnages - en prison – lève le voile. Les souvenirs remontent, accèdent à la conscience et toute une mémoire se dépose par bribes, par fragments et forge l’autre histoire :


« Le printemps était avancé. Il y a un peu plus d’un an, mais c’était la même lumière ; le jour même, le 8 mai, je suis parti à pied. Quel besoin de partir ? J’étais d’abord revenu au collège, après la manifestation ; les trois cours étaient vides. Je ne voulais pas le croire. J’avais les oreilles semblables à des tamis engorgés de détonations ; Je ne voulais pas le croire. Je ne croyais pas qu’il s’était passé tant et tant de choses. » 

Lakhdar – ce double de Kateb – dit sa stupeur de jeune homme face à l’énormité de l’événement mais on voit aussi qu’il est allé à la manifestation en rêveur, en pacifiste épris de liberté :

« Ce ne serait pas juste d’aller demander une arme à grand père. » 

Celui qui écrit sur les pupitres, « Indépendance de l’Algérie » et qui doute « Aujourd’hui 8 Mai, est-ce vraiment notoire » , rejoint la manifestation confiant en compagnie de tout le petit peuple – garçon boulanger, gargotier, paysans - qui « déferlent », ouvriers, femmes enfants et chiens.

Le texte montre une certaine réalité des événements qui fait du peuple l’acteur historique principal dont le lecteur va pouvoir sentir toute la puissance, véritable force en mouvement ; une fantasmatique politique se met en place :

« Le peuple était partout, à tel point qu’il devenait invisible, mêlé aux arbres, à la poussière, et son seul mugissement flottait jusqu’à moi ; pour la première fois ; je me rendais compte que le peuple peut faire peur. » 

Kateb Yacine à sa manière, déconstruit l’écriture monumentale de l’Histoire officielle algérienne pour remettre le peuple à sa juste place en faire déjà la véritable force de la Guerre d’Algérie qui commence pour lui, à cette date là. Et il indexe déjà les forces d’inertie ; le riche avocat et le muphti qui jouent encore aux pacificateurs parce qu’ils ont peur pour leurs terres, pour leur argent, apparaissent comme des forces conservatrices ; attentistes, ils sont à la traine de l’histoire et, en attardés, ils ferment la marche. On ne pouvait mieux dire la trahison d’une élite… Kateb ose dire la collusion, certaines alliances :


« Les cadres flottent. Ils ont laissé désarmer les manifestants à la mosquée, par le commissaire aidé du muphti » 

Lakhdar en participant actif et exigeant s’interroge sur le vif et pose déjà une question fondamentale : « Contenir le peuple à sa première manifestation massive ? » 

Ainsi sous la plume de Kateb le Mai 1945 apparaît bien comme un mouvement populaire, un soulèvement de gueux, une émeute de la faim et de la misère :

« Et la foule se mit à mugir : Attendre quoi ! Le village est à nous, vous les riches, vous couchez dans les lits des français

Et vous vous servez dans leurs docks.
Nous on a un boisseau d’orge et nos bêtes mangent tout.
Nos frères de Sétif se sont levés. » 

C’est souvent à travers des détails significatifs que Kateb Yacine fera la leçon aux historiens. C’est ainsi que le texte oppose à « l’émeute armée » le détail d’un vieux montagnard tirant sur la gendarmerie et hurlant :

« J’avais juré vider mon fusil, si y a un fils de sa mère, qu’il me donne des cartouches. » 

Ainsi sans leader, sans stratégie, une manifestation que des ânes et des mulets conduisent loyalement fait face avec de vieux fusils hoquetant à des « automitrailleuses » à la face terrible, à « des armes américaines toutes neuves » . On ne pouvait mieux dire l’inégalité du rapport de forces. Le lecteur peut partager la stupéfaction d’un étudiant « Pourquoi diable sont-ils venus avec leurs bestiaux ? » qui traduit bien l’état de naïveté d’une population.

Contribuant à une élaboration de l’histoire sur le plan du vécu, de l’existentiel, Kateb va dire le tragique de l’événement, toute son horreur quand il parle de ce cultivateur aux yeux bleus sanglotant, aux os brisés à coups de crosse, qui ne peut reassembler ses membres pour faire de la place aux autres. Toute la douleur, toute la souffrance du peuple algérien en prison est là ; ainsi Kateb Yacine construit à sa manière bien avant tout le monde l’histoire cachée, censurée par les historiographes officiels. C’est à travers un style très dépouillé qu’il livre l’information sur la torture, dit l’enfer de la Question :

« Le coiffeur Si Khelifa ne hurlait plus. Il râlait. Où peut-il bien être ? » 

Le texte par sa précision – Kateb Yacine dissèque la souffrance – fait de Nedjma un document premier sur la torture. Quand Lakhdar subit le supplice de la baignoire, reçoit les coups de cravache, il sent son corps partir en morceaux :

« Il ne sentait plus sa tête. Le reste de son corps était apparemment indemne ; seconde par seconde, une douleur lointaine et fulgurante se localisant dans les reins, aux genoux, à la cheville, au sternum, à la mâchoire. » 

Kateb Yacine griffe la conscience de ses lecteurs et élève un monument à la souffrance des Algériens. Plus tard, on sent à quel point il sublime ces moments d’emprisonnement quand il déclare au Nouvel Observateur le 18 Janvier 1967 :

« C est à ce moment là aussi que j’ai accumulé ma première réserve poétique. Je me souviens de certaines illuminations que j’ai eues… Rétrospectivement, ce sont les plus beaux moments de ma vie. J’ai découvert les deux choses qui me sont les plus chères : la poésie et la révolution. » 

Étonnant Kateb qui transforme la prison en source vive et qui se transforme, en romancier reporter disant l’armée qui « barre l’avenue centrale tirant sur les haillons », la police et les colons qui « opèrent dans les quartiers populaires », les rafles « suggérées par les colons organisés en milices populaires », « les corps exposés au soleil ». Le texte fourmille de détails, de précisions sur l’événement. Le reporter enregistre en direct une conversation ordinaire entre Français qui en dit long sur les revers de l’Histoire.

« La France est pourrie. Qu’on nous arme et qu’on nous laisse faire. Pas besoin de loi ici. Ils ne connaissent que la force. Il leur faut un Hitler. » 

Si le lecteur d’aujourd’hui plonge dans la lecture de Nedjma il verra que la poésie illumine ce 8 Mai 1945 et par ce biais Kateb Yacine élève une ode à l’Algérie et dit la colère qui gronde et annonce des temps nouveaux :

« Je suis passé à l’étude. J’ai pris les textes.

J’ai caché la vie d’Abdelkader.
J’ai ressenti la force des idées.
J’ai trouvé l’Algérie irascible. Sa respiration …
La respiration de l’Algérie suffisait.
Suffisait à chasser les mouches.
Puis l’Algérie elle- même est devenue …
Devenue traîtreusement une mouche.
Mais les fourmis, les fourmis rouges.
Les fourmis rouges venaient à la rescousse.
Je suis parti avec les tracts.
Je les ai enterrés dans la rivière.
J’ai tracé sur le sol un plan…
Un plan de manifestation future.
Qu’on me donne cette rivière, et je me battrai.
Je me battrai avec du sable et de l’eau.
De l’eau fraiche, du sable chaud. Je me battrai. » 

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Ouahiba Hamouda

25 septembre 2010


vendredi 19 novembre 2010

Briseurs de silence: il faut écouter jusqu'au bout et partager pour rompre le silence

Briseurs de silence est un essai sonore inspiré par le travail de l'association israélienne "Shovrim Shtika" (Breaking the silence), qui recueille et rend publics des témoignages de soldats israéliens racontant ce qu'ils ont fait dans les territoires palestiniens pendant leur service militaire. Des voix d'exilés israéliens - anciens soldats de Tsahal ( de même que Simone Bitton elle-même) -, disent les mots de la génération actuelle de soldats et de soldates. Sur une trame composée de sons ramenés de Gaza et de Cisjordanie, la banalité et l'universalité du mal s'entend en français, avec cet accent hébraïque que l'on ne perd pas. Comme on ne perd pas la mémoire des gestes que l'on a faits, de l'humiliation qu'on a infligée, de la mort qu'on a donnée - parce que c'était comme ça, tu comprends, là-bas, la routine, c'était comme ça....

_La pièce sonore Briseurs de silence est une commande publique du Centre National des Arts Plastiques (CNAP)/Ministère de la Culture et de la Communication, réalisée en collaboration avec l’Atelier de création radiophonique (ACR) de France Culture_

Simone Bitton, cinéaste documentariste, est née au Maroc en 1955. Elle a vécu à Rabat, puis à Jérusalem, et est installée à Paris depuis les années 80. Pour l'administration, elle détient les nationalités française et israélienne. Pour l'identité, elle se définit comme une juive arabe qui n'aime pas les murs et les frontières. Parmi ses films les plus récents : Mur ( 2004) et Rachel ( 2008).

- Dans plusieurs pays du monde - de la Russie aux Etats-Unis - existent des groupements de parents de soldats ou de vétérans de l'armée qui tentent de rappeler que les guerres d'aujourd'hui ne devraient pas être menées dans la même absence de règles qui a caractérisé celles d'hier. Dans plusieurs pays du monde, ces associations sont muselées et interdites d'antenne. En Israel, Briseurs de silence bénéficie d'un statut d'ONG; les témoignages qu'elle recueille, provenant de la "région des ténèbres"' qui s'est creusée depuis les intifadas, accèdent souvent aux medias voire les prétoires de la justice. Les Ateliers de création radiophonique ont passé commande à Simone Bitton d'un "essai radiophonique" composé à partir de ces témoignages. Cet essai ne constitue pas, évidemment, une prise de position de France Culture qui, par ailleurs, se soucie dans ses émissions de documenter et de contextualiser le conflit du Proche-Orient. -


Il faut écouter pour comprendre
Il faut diffuser pour briser le silence
Il faut dénoncer pour protéger
Il est de notre devoir de nous battre pour que partout dans le monde règne la justice et la paix

Alors prenez le temps d'écouter et après je sais que vous aurez une lourde responsabilité parce que vous ne pourriez plus dire: JE NE SAVAIS PAS.




vendredi 14 mai 2010

l'Algérie coloniale en photos


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mardi 13 janvier 2009

Israël: un état colonialiste, c'est un fait


C'EST UNE COLONISATION, INIQUE ET IRREFUTABLE, PARCE QUE LES FAITS L'ATTESTENT...ET, SEULEMENT LES FAITS. IL EXISTE AUSSI UNE AUTRE VERITE, UN AUTRE FAIT INDENIABLE ET INDISCUTABLE :
LA PALESTINE, APPARTIENT AUX PALESTINIENS...COMME HIER L'ALGERIE A ETE DECOLONISEE ET RECONQUISE PAR LES ALGERIENS...DEMAIN, LA PALESTINE SERA DECOLONISEE ET RECONQUISE PAR LES PALESTINIENS...CE N'EST... QU'UNE QUESTION DE TEMPS !!!!
IL NOUS APPARTIENT DE LUTTER ACTIVEMENT, POUR LA PRESERVATION DU PEUPLE PALESTINIEN....PAR SOLIDARITE,MAIS AUSSI PARCE QUE... DEMAIN...CE SERA NOTRE TOUR !!!!

CE N'EST NI UNE LUTTE DE RELIGION, NI DE CIVILISATION, SEULEMENT UNE LUTTE DE CLASSE.....UNE LUTTE IDEOLOGIQUE.....

D'UN COTE, LES OPPRESSEURS SOUS PERFUSION, VISCERALEMENT RELIESA L'IDEOLOGIE NEOCONSERVATRICE ULTRALIBERALE....CAR SANS, L'IDEOLOGIE NEOCONSERVATRICE/ULTRALIBERALE/INTEGRISTE RELIGIEUSE, COMMENT JUSTIFIER ET ORGANISER L'OPPRESSION DE MILLIERS D'INVIDUS SUR LA TOTALITE DE LA PLANETE ?

DE L'AUTRE,LES OPPRIMES.... SOUS CONTRÔLES PERMANENTS DE VERITABLES BETES DE SOMME QUE LES OPPRESSEURS ONT REDUIT EN ESCLAVAGE ET QUI, POURTANT CONTINUENT DE RESISTER....!!!!!
_______________________________________________________
Des juifs justes, qui ont combattu la barbarie nazie, n’hésitent pas à le proclamer.

Après l’ambassadeur Hessel,

le grand historien André NOUSCHI, natif de Constantine, l’exprime sans ambages dans une lettre à l’ambassadeur d’Israël en France.

« Il n’est plus possible de se taire devant la politique d’assassinats et d’expansion impérialiste d’Israël. Vous vous conduisez exactement comme Hitler s’est conduit en Europe avec l’Autriche, la Tchécoslovaquie.
Vous méprisez les résolutions de l’ONU comme lui celles de la SDN et vous assassinez impunément des femmes, des enfants.

N’invoquez pas les attentats, l’Intifada.Tout cela résulte de la colonisation ILLEGITIME et ILLEGALE. QUI EST UN VOL.Vous vous conduisez comme des voleurs de terres et vous tournez le dosaux règles de la morale juive.Honte à vous ! Honte à Israël ! ».
cet article est extrait du site d'Hadria Rivière

samedi 1 novembre 2008

La toussaint rouge

La France a eu son appel du 22 juin ( le vrai celui que beaucoup ont entendu ). L'Algérie a eu le sien le 1er Novembre 1954. Cette journée ou plutôt cette nuit restera dans l'histoire comme le début de la lutte armée pour l'indépendance de l'Algérie. Maintenant, il ne reste plus qu'à écrire l'Histoire ensemble : Français et Algériens et de tourner ces pages autant douloureuses pour les Français natifs d'Algérie ou ceux de France qui ont perdu bon nombre de leurs enfants, que pour l'Algérie et tout son peuple qui a payé très cher le droit de vivre libre.

Je dédie cet article à toutes les victimes de cette guerre qui n'aurait jamais du se faire si De Gaulle avait été plus clairvoyant ce 8 mai 1945 où des milliers d'algériens furent massacrés par les troupes coloniales mais je dédie aussi cet article aux générations présentes et futures pour écrire ces pages de l'Histoire de la France et de l'Algérie.






Quelques liens qui valent le détour:

lien1, lien2, lien3

Et vue du côté français avec la première vraie victime ici

vendredi 19 septembre 2008

Ruben Um Nyobè: le Ben Barka camerounais

Le 13 septembre 1958, il y a cinquante ans, était tué Ruben Um Nyobè. C’est dans une forêt de Sanaga Maritime, dans le sud du Cameroun, qu’une patrouille française qui traquait depuis des mois le secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (UPC) repérera son objectif et l’abattit comme un animal sauvage. Son corps fut traîné jusqu’au chef-lieu de la région, où il fut exhibé, défiguré, profané. « Le Dieu qui s’était trompé » est mort, annoncera triomphalement un tract tiré à des milliers d’exemplaires. Le corps de Ruben Um Nyobè fut coulé dans un bloc de béton.Cinquante ans après son assassinat, le nom de Ruben Um Nyobè est presque oublié en France. Au Cameroun, en revanche, il reste l’objet d’une immense admiration. Mais cette admiration populaire est restée longtemps contrariée, toute référence à Um Nyobè et à son parti, l’UPC, ayant été interdite par la dictature d’Ahmadou Ahidjo mise en place en 1960 avec le soutien de l’ancienne métropole. La moindre évocation de Um Nyobè était considérée par le pouvoir en place comme « subversive » et sévèrement réprimée. Sa mémoire ne put être perpétuée que dans la clandestinité ou dans l’exil.D’une certaine manière, le pouvoir camerounais, et ses parrains français, avaient raison de se méfier du souvenir de celui qui était appelé Mpodol (« celui qui porte la parole des siens », selon la traduction du grand spécialiste de cette phase de la décolonisation camerounaise, Achille Mbembe). Car, comme l’écrivait en 1975 une militante française qui fut une de ces correspondantes régulières à Paris dans les années 1950, « ce leader révolutionnaire avait des qualités humaines hors série, celle que l’on retrouve chez les saints, chez un Gandhi par exemple. L’exemplarité de sa vie, la pureté de ses intentions, le rayonnement de sa personnalité pourraient suffire à perpétuer sa mémoire ». Ruben Um Nyobè était en somme la figure inversée de ceux qui, après sa mort, prirent le pouvoir au Cameroun.Um Nyobè est né en 1913 près de Boumnyebel (Sanaga Maritime). Le Cameroun est alors une colonie allemande, qui ne deviendra un territoire sous mandat de la Société des nations (SDN) confié en partage à la France et au Royaume-Uni qu’au sortir de la première guerre mondiale. Eduqué dans les milieux protestants, il devient fonctionnaire et s’intéresse assez tôt à la politique. Il s’engage à la fin des années 1930 dans la Jeunesse camerounaise française (JEUCAFRA), une organisation mise sur pied par l’administration française pour fédérer les élites contre la propagande nazie, avant de prendre part, à la fin de la seconde guerre mondiale, au Cercle d’études marxistes – lancé à Yaoundé par le syndicaliste français Gaston Donnat – qui allait devenir une véritable pépinière du nationalisme camerounais. D’abord responsable syndical, Um Nyobè est ensuite désigné secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun constituée à Douala en avril 1948. L’heure n’est plus, dira-t-il plus tard, simplement de « s’opposer à l’hitlérisme comme en 1939, mais au colonialisme tout court ».C’est pour défendre cet objectif, articulant intimement progrès social et économique, indépendance pleine et entière, et réunification des Cameroun britannique et français, qu’Um Nyobè engage toutes ses forces en tant que secrétaire général de l’UPC. Inlassablement, pendant les dix dernières années de sa vie, de 1948 à 1958, il réaffirme ces trois principes sur toutes les tribunes et dans tous les journaux. Petit homme modeste, ascétique et d’une étonnante rigueur intellectuelle et morale, il dénonce infatigablement le sort misérable réservé aux « indigènes », les manœuvres des milieux colonialistes, ainsi que la bassesse et la corruption de ceux de ses compatriotes qui préfèrent faire le jeu de l’adversaire plutôt que de s’engager dans la lutte pour la souveraineté nationale et la justice sociale.Plus exceptionnelle encore est sa capacité à décrypter et à disséquer le système juridique particulier auquel est soumis le Cameroun, devenu territoire sous tutelle de l’Organisation des Nations unies au lendemain du second conflit mondial. Des villages camerounais les plus reculés jusqu’à la tribune des Nations unies, où il est convié à trois reprises entre 1952 et 1954, il explique sans relâche que le droit, aussi bien français qu’international, est dans le camp de l’UPC. La France n’a dès lors aucune légitimité pour s’imposer plus longtemps à une nation qui veut être enfin maîtresse de son destin.Ce qui frappe quand on lit les textes et les discours du leader de l’UPC, et ce qui les rend aujourd’hui un peu moins attractifs que ceux d’autres grandes figures de l’époque, c’est l’absence de formules abstraites et de lyrisme vague. Pragmatique, Um Nyobè reste toujours au plus près des préoccupations concrètes de son auditoire, enchaînant minutieusement les faits, les chiffres, les dates ou les articles de loi.Utilisant la Raison comme une arme de combat contre ceux-là même qui ont toujours cru en être les dépositaires exclusifs, Ruben Um Nyobè bouleverse l’ordre colonial non seulement dans ce qu’il a de plus odieusement visible mais jusque dans l’imaginaire des colonisés eux-mêmes. L’influence d’Um Nyobè dépasse rapidement le strict cadre camerounais : fervent partisan de la coordination des mouvements anti-colonialistes, il devient au cours des années 1950 une des icônes internationales du tiers-mondisme naissant. C’est sans doute la force de cette entreprise de subversion globale qui déterminera l’administration française, à court d’arguments, à recourir à la force brute pour faire taire celui qui apparaît comme le leader le plus charismatique du nationalisme camerounais.Si Um Nyobè et ses camarades avaient déjà eu à subir à de nombreuses reprises la brutalité et l’arbitraire colonial, le tournant décisif a lieu en 1955 avec l’arrivée au Cameroun d’un nouveau Haut-Commissaire, Roland Pré, qui a pour mission, dès son arrivée au territoire, d’éradiquer l’UPC par tous les moyens. A la suite des provocations répétées de l’administration, le Cameroun est secoué par des semaines d’émeutes sanglantes en mai 1955. Comme l’avait prédit avec une stupéfiante prescience Um Nyobè quelques années plus tôt, l’agitation sociale et politique sert aussitôt de prétexte au gouvernement français pour faire interdire l’UPC. Le 13 juillet 1955, l’UPC et ses organisations annexes sont déclarées illégales. Poussée à la clandestinité, l’Union des populations du Cameroun se disperse. Ruben Um Nyobè se réfugie dans sa région natale, tandis que les autres responsables – parmi lesquels Félix Moumié, Abel Kingue et Ernest Ouandié – fuient au Cameroun sous administration britannique.La clandestinité forcée constitue une rude épreuve pour Um Nyobè, la précarité du maquis ne pouvant que réduire la portée de son verbe et affaiblir la puissance de ses arguments. Il parvient néanmoins à restructurer l’UPC et à maintenir, contre vents et marées, l’unité de sa direction. Son objectif restera toujours de permettre la réintégration du parti dans le jeu légal qu’il savait être, étant donné le rapport de force, le seul espace susceptible de permettre à terme l’émancipation de son pays. La voie est pourtant étroite : tandis que l’administration tente en vain d’ultimes manœuvres pour rallier Um Nyobè à la cause française, les upécistes exilés au Cameroun britannique penchent de plus en plus pour une stratégie de lutte armée inspirée des modèles indochinois ou algérien. Acculé, Ruben Um Nyobè – qui avait toujours soutenu que la lutte armée au Cameroun était « dépassée » puisque la force du droit devait, selon lui, suffire à faire triompher la cause nationale – accepte finalement, mais sans conviction, la création d’une structure armée fin 1956. Mais la situation devient rapidement désespérée pour les nationalistes camerounais : face à une « rébellion » sans armes, l’armée française s’engage, sous l’impulsion du nouveau Haut-commissaire Pierre Messmer, dans une répression brutale dont Um Nyobè sera, le 13 septembre 1958, une victime essentielle.Quelques jours seulement après la mort de Mpodol et alors que la Constitution de Ve République vient d’être adoptée, la France annonce aux Camerounais, maintenant que « l’hypothèque Um Nyobè » est levée, qu’elle accordera l’indépendance à leur pays le 1er janvier 1960. La métropole confiera cette « indépendance » à ceux qui l’avaient le moins demandé – lesquels combattront pendant des années, avec acharnement, et toujours avec l’aide de la France, tous ceux qui resteront fidèles, les armes à la main ou par d’autres moyens, au message d’Um Nyobè. Un message qui reste d’ailleurs d’une brulante actualité dans un pays bâillonné par un pouvoir corrompu et une pauvreté entretenue où les émeutes sociales et politiques sont, encore aujourd’hui, systématiquement réprimées. Un pays qui devra, pour reprendre les termes d’Achille Mbembe après la répression des émeutes de février 2008, savoir « réveiller le potentiel insurrectionnel » que Ruben Um Nyobè en son temps avait su allumer).Thomas Deltombemonde-diplomatique.fr
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mercredi 28 mai 2008

Il faut simplement dire la vérité


Le maire socialiste de Paris a appelé, dans un livre-entretien, De l’audace !, paru cette semaine en France, à dire la vérité sur la période coloniale en Algérie.


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